Maupassant, au bord du lit

 

Avignon 2015

Théâtre Pixel

Maupassant

Après avoir vu l’excellent spectacle « Maupassant au bord du lit » au Théâtre Pixel à Avignon, mis en scène par Frédéric Jacquot, on ne peut être que sous le charme.

Au-delà de Maupassant et de son style éblouissant, quel bonheur de voir revivre cette galanterie perdue, vitrine de l’amour des femmes qui n’excluait pas pour leurs amants de les trouver bavardes, futiles, légères mais si indispensables ! Il semble que cette courtoisie si française, mélange de politesse et d’hommage soit de nos jours passée de mode. Notre époque est davantage brutale et pressée. Mis à part quelques amoureux impénitents, prend-on encore le temps des caresses ? Prend-on la peine – la joie – de faire la cour ? Ce comportement, il est vrai, semble au XXIème siècle désuet, voire ridicule. Les formules sont abruptes et les questions directes : Oui ou non ? Chez toi ou chez moi ? On traite d’une affaire dont la femme est la marchandise. Pas tous les hommes, évidemment mais avouez, mesdames, que la plupart du temps la conquête est aujourd’hui réduite à quelques mots plutôt brusques.

Alors que chez Maupassant… Quelles délices, quelles lenteurs, quel doux plaisir de plaire et de faire durer ce plaisir !…

Succédant à un monologue succulent, cinq saynètes composent ce spectacle. Plaisir des mots, de l’esprit, plaisir des mots d’esprit, tout est plaisir vous dis-je. Et le tout dans un paquet cadeau léger comme du champagne, une écriture au style précis et incisif. Un régal. Ce Maupassant-là est l’ancêtre de Sacha Guitry et de Jules Renard.
Ajoutons encore un plaisir, celui du jeu de deux actrices très fines et jolies femmes, ce qui peut être compatible : Lina Veyrenc, mutine et piquante et Leila Tabaï, enjouée et naïve, auquel se joint le talent de l’acteur metteur en scène, Frédéric Jacquot. Ce coquin de comédien manie l’ironie et une distance subtile dans son amour charnel des femmes, toutes les femmes, même celles aux cervelles d’oiseau, sans jamais tomber dans une misogynie facile.
On finit en beauté sur un couple marié mais séparé dont l’époux pris d’un coup de « revenez-y » désire à nouveau l’épouse. Mais il a des maîtresses qui lui coûtent cher. La femme a fait les comptes. Pour satisfaire ses élans, plus de maîtresse et Il lui en coûtera cinq mille francs par mois. Pour la ravoir, le mari, trop aguiché, paiera.

Voilà un spectacle doux et fort comme une liqueur au parfum enivrant. A consommer, bien sûr, sans modération.

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Trois romans incontournables de Guy de Maupassant :

 

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