L’anniversaire de François Cluzet

 

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Cher François,

Tu es né un 21 septembre et tu es un merveilleux acteur.

Je le sais depuis toujours, depuis tes débuts où, sortant de cours, tu passais une scène de « Comment va le monde, Môssieu ? Il tourne, Môssieu » de François Billetdoux au Théâtre du Rond-Point devant les directeurs de l’époque, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud. Depuis, sans être carriériste, allant toujours vers les rôles qui te tentaient, sans calcul, tu fais une superbe carrière.

D’un rôle secondaire dans « L’été meurtrier » au superbe « Intouchables » où tu es magnifique, avec cinq films sortis depuis, tu traverses notre inconscient collectif avec une apparente désinvolture, une réelle drôlerie et une bouleversante émotion.

Tu pourrais croire que je te passe de la pommade, ce merveilleux onguent hypocrite qui rassure tant les artistes, ces éternels inquiets. Mais non, nous savons, toi et moi, que nous ne jouons pas dans cette cour des faux-semblants et que sincérité et vérité sont des qualités premières. Et puis, attends un peu la suite…

Quand je regarde ta filmographie, chapeau ! Rien à dire. De plus tu es devenu, sans l’avoir cherché, sans compromission, un acteur populaire. Les gens te connaissent. Voir ton nom dans la distribution d’un film est une promesse de qualité.

Dans un film.

Et c’est là, mon cher François, que le bât blesse un peu. Moi qui sais, et je ne suis pas le seul, les immenses ressources de ton talent, je suis triste de te voir si peu au théâtre. Bien sûr, il y a mille raisons. Je mets la comparaison des cachets de côté, je ne te ferai pas cette injure. Il y a des raisons de temps, le théâtre est contraignant, de lieu, on est bloqué à Paris ou en tournée, il est difficile de coordonner les plannings, l’appât du gain des producteurs, agents et autres parasites qui s’accrochent à ton côté « bankable ». Tu n’y es pour rien, mais c’est comme ça. Il y a la « bonne pièce » à trouver, le « bon metteur en scène », le théâtre « adéquat », etc. Et puis, il y a peut-être des raisons personnelles que j’ignore et qui ne me regarde pas, qui ne regarde personne. Tu as bien raison de protéger ta vie privé, les journaleux sont assez fouineurs, pas la peine de leur donner du mauvais grain à moudre.

Toutes ces bonnes raisons font que tu délaisses le théâtre, et c’est dommage. Pour nous et je pense aussi pour toi. Je vais te rappeler une anecdote que tu connais sans doute. Au soir de la première de « Borsalino » où Alain Delon et Jean-Paul Belmondo partageaient la vedette et se situaient l’un et l’autre au sommet de leurs gloires (succès, notoriété, amour du public, cachets mirobolants), Jean-Paul Belmondo fut surpris de la réaction de son père, le grand sculpteur Paul Belmondo. Il faisait la gueule. Jean-Paul s’en inquiéta et lui demanda les raisons. Le père répondit : « Oui, c’est bien de te voir en haut de l’affiche et d’avoir un tel succès, mais, bon Dieu ! quand donc vas-tu faire ton vrai métier ? »

Ton vrai métier. Le théâtre.

Toi, tu n’es pas apparu sur scène depuis 1999. C’est-à-dire au siècle dernier.

Bébel a écouté son père, il a joué par la suite Kean, Cyrano, etc. et a même racheté le beau théâtre des Variétés. A méditer, donc.

Néanmoins et du fond du cœur, bon anniversaire, cher François. Merci pour tout le plaisir que tu nous as procuré, mais n’oublie pas ton vrai métier, bon Dieu !

Donnez-moi votre avis, faites-moi part de votre expérience. Ce blog Place au Théâtre  va vous aider à vous épanouir, peu à peu, conseil après conseil. (Votre mail ne sera jamais divulgué. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, là où il n’y a aucun théâtre.)

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2 réflexions sur “ L’anniversaire de François Cluzet ”

    1. Merci Katty pour ce commentaire. Et bien sûr, bon anniversaire à François Cluzet, un vrai et grand comédien !

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