Archives pour la catégorie Tout est théâtre

BATACLAN

 

 

Bataclan

Le terrorisme a frappé fort ce vendredi 13 novembre 2015 à Paris.

Personne ne peut rester insensible aux souffrances des victimes, de leurs familles et de leurs proches. Outre la compassion que ce blog veut apporter à toutes ces victimes en ces moments tragiques, je voudrais assurer de ma sympathie toute l’équipe du Bataclan dont les spectateurs ont payé le plus lourd tribut à ces actes barbares.

En tant qu’homme de théâtre et directeur d’une salle, je ne peux que ressentir l‘effroi et la peine dans lesquels elle doit se trouver. Curieux destin que ce lieu dont les salles de billards furent pendant la guerre de 1870 utilisées comme « ambulance » et qui est devenu le 13 novembre l’endroit d’un terrible carnage.

Ne nous leurrons pas, aucune de nos salles n’est à l’abri du terrorisme islamiste. Certes, nous devons veiller à la sécurité de notre public, ne pas hésiter à fouiller, voire refuser des spectateurs qui nous paraissent suspects. Tant pis, si nous commettons des erreurs. Il vaut mieux passer pour un imbécile qu’être complice par faiblesse ou angélisme d’un attentat. Mais surtout, il faut que les théâtres, les salles de spectacles, de concerts et autres, tous les lieux où des gens se rassemblent pour écouter et voir des artistes demeurent à tout jamais des lieux de paix. La guerre n’a pas lieu d’être chez nous.

Avec le drame du Bataclan, c’est nous tous qui sommes atteints.

J’assure toute l’équipe de la profonde émotion et solidarité de tous mes confrères. Aujourd’hui, comme des millions de français, JE SUIS BATACLAN.

Bon courage à tous.

Anniversaire de Michel Galabru

 

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Cher Michel,

93 ans ! C’est l’âge vénérable que vous avez aujourd’hui et l’on peut dire que vous « faites l’acteur » depuis 70 ans. Cette longévité doublée d’une affection du public est assez rare pour être fêtée.

On a beaucoup glosé sur votre carrière, vous-même, pas dupe, avez souvent moqué ces « navets » qui composaient la soupe pour faire vivre femme et enfants jusqu’au jour en 1977 où on s’aperçut de votre immense talent en vous décernant un César du meilleur acteur pour votre prestation dans Le juge et l’assassin de Bertrand Tavernier. Honoré pour un rôle dramatique, vous qui êtes un acteur comique avant tout. Mais comme disait le grand auteur argentin Jorge Luis Borges « Le succès est un malentendu, le pire de tous peut-être ».

Inutile de rappeler aux lecteurs de ce blog votre carrière au cinéma, de la série des Gendarmes aux Ch’ti, vous êtes dans l’inconscient collectif des français, vous faites partie de leur patrimoine. S’il n’y a pas eu que des chefs d’œuvre, il s’est trouvé cependant un nombre impressionnant de personnages cocasses, roublards, bougons, stupides, bonhommes, lâches, mais toujours généreux qui ont marqué la mémoire de tous.

Je voudrais surtout mettre l’accent ici sur vos rôles au théâtre. Bien avant d’avoir le plaisir de vous rencontrer, et ce à plusieurs reprises au cours de conversations passionnantes – je me souviens de vous au théâtre du Gymnase évoquant Molière, comme s’il s’agissait d’un ami à vous, d’une façon si vivante que je m’attendais à le voir apparaître. Mais au fond, n’est-il pas vraiment un ami à vous ? N’êtes-vous pas un des descendants truculents de son Illustre Théâtre ? Pour preuve, après un premier prix au conservatoire, vous êtes entré à la Comédie-Française, sa maison, l’interprétant avec fougue et respect.

Vous continuez  avec votre fils Jean à donner quelques cours aux jeunes apprentis comédiens. Quelle chance ils ont, d’autant que le meilleur enseignement que vous pouvez leur prodiguer est de les inviter à vous voir au théâtre ! Quelle bête de scène vous avez été et êtes encore. Car, comme tous les grands, votre charisme, votre présence et votre voix sont uniques, mais de plus, par instant, vous frôlez, allez n’ayons pas peur des mots, vous frôlez le génie.

Je me souviens de votre entrée dans Les Rustres de Goldoni, mis en scène par Claude Santelli. « Travaillez, travaillez ! » était la première réplique de votre personnage macho et égoïste face aux femmes, le nez baissé, dans leurs travaux de broderie. Je l’entends chanter encore dans mon oreille.

Je me souviens de La Surette dans Les Poissons rouges de Jean Anouilh, où vous pédaliez de mauvaise grâce sur un vieux vélo, plein de rancœur jalouse aux côtés de Jean-Pierre Marielle. Vous étiez grandiose dans la petitesse, formidable dans l’aigreur, puissant dans la méchanceté.

Je me souviens aussi de cette nuit dans les vignes de Provence où vous étiez dans  Dom Juan un Sganarelle éblouissant. Toute la force comique, naïve et balourde de notre maître à tous transcendée sous les étoiles par votre époustouflant talent.

Je me souviens de cette  Femme du boulanger de Marcel Pagnol où vous étiez grandiose dans le tourment du cocu si sensible, et où toute la troupe me vantait votre gentillesse et la constance de votre bonne humeur.

Je pourrais aller à l’infini dans le compliment, mais vous savez que je ne sais pas en faire et que tout ce que j’écris en ce jour de votre anniversaire, s’apparente à de simples mais lucides constatations. D’autres que moi, et des plus grands, sont restés ébahis – les jeunes diraient scotchés – par votre génie de l’interprétation. Lors de  La Claque d’André Roussin, le grand Pierre Fresnay, alors directeur du théâtre de la Michodière, vous regardait jouer de la coulisse et murmurait : « Mais comment il fait ? Comment il fait ? »

Je lis, j’entends, que vous avez moins goût à la vie à présent, que des deuils de proches vous ont meurtri. Nous sommes tous, professionnels et public, en sympathie avec vous, sachez-le une bonne fois pour toutes. Nous vous aimons.

Nous nous réjouissons que vous soyez notre contemporain. Bon anniversaire donc, cher Michel, cher grand Monsieur Galabru, merci, et encore 93 ans comme cela !

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Des lunettes sous-titres

 

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Extrait de la chronique d’Anicet Mbida sur Europe 1 le 21/10/2015

« Des lunettes qui sous-titrent les pièces de théâtre

[Le] principe [de ces lunettes] est simple. C’est comme au cinéma. En entrant dans la salle, on vous remet une paire de lunettes […] de réalité augmentée, c’est-à-dire capable d’ajouter des informations, des sous-titres en l’occurrence, dans votre champ de vision.

Le concept a été expérimenté cet été au festival d’Avignon où l’on pouvait voir Le Roi Lear sous-titré en français, anglais et chinois. Il serait très pratique au cinéma pour choisir la langue des sous-titres. Et bien sûr, les rendre accessibles aux malentendants.

A noter que la synchronisation des sous-titres n’est pas automatique. Une personne, dans la salle, les fait avancer à la main en suivant la pièce. Cela permet de s’adapter au rythme des acteurs et de se recaler si quelqu’un saute une réplique par exemple.

Ce principe est déjà utilisé à l’opéra, quand on projette le texte lyrique au-dessus de la scène pour mieux comprendre les chants. Mais cela peut perturber certains spectateurs. Alors qu’avec la réalité augmentée, c’est comme avoir une projection individuelle.

Les lunettes en question sont Made in France, à Rennes par Optinvent. Leur technologie est bien meilleure que celle des Google Glass, côté champ de vision notamment. On a vraiment l’impression que le texte flotte devant ses yeux.

Le service, lui, est proposé par Théâtre in Paris. Une toute jeune entreprise créée par un trio improbable : un ingénieur, un chanteur lyrique et un journaliste en tourisme.

Jusqu’ici ils proposaient des pièces de théâtre en Français, sur titrées au-dessus de la scène, pour les touristes étrangers. Avec les lunettes, ils visent désormais l’international. Du coup, on n’hésitera plus à aller voir une pièce à l’étranger, avec les locaux, puisqu’on sera sûrde tout comprendre. »

Mon commentaire

Est-il besoin de souligner les formidables perspectives d’une telle invention ? Nous allons pouvoir importer davantage de pièces de théâtre et exporter les nôtres. Nos tournées, au lieu de se cantonner à la Belgique et la Suisse, pays francophones, pourront présenter leurs spectacles en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, Norvège, Angleterre, Italie, Espagne, Portugal, pour ne parler que de l’Europe limitrophe. La Russie et les Etats-Unis, l’Amérique latine pourront être aussi intéressés. De même que nous aurons la possibilité de recevoir davantage de spectacles étrangers, la barrière de la langue étant allègrement franchie. J’ajoute que nos pièces françaises présentées dans nos théâtres pourront conquérir tout un public de touristes (nombreux à Paris) que la barrière de la langue empêche jusqu’à ce jour de fréquenter nos salles.

Le théâtre, qui a 3 000 ans, montre qu’il est toujours à l’avant-garde, qu’il progresse sans cesse. C’est un art toujours neuf, toujours vivant, en prise avec le monde moderne. Ni le cinéma, ni la télévision, ni les vidéos, ni Internet ne sont arrivés à l’enterrer.

Plus que jamais, vive le théâtre !

 Vidéo de la chronique d’Anicet Mbida sur Europe 1

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Anniversaire de Francis Perrin

 

 

Francis Perrin

Cher Francis,

Un 10 octobre à Versailles, un couple de techniciens du cinéma qui ont fait partie de l’équipe technique de tournage des films de Sacha Guitry, se penchait sur le berceau de leur nouveau-né, Francis. Déjà, l’humour et l’esprit français te faisaient un clin d’œil.

Plus tard, tu entres à la Comédie-Française et tu y joues les pièces du patron, un certain Molière auquel tu ne cesseras de rendre hommage, tant par tes interprétations que tes mises en scène, jusqu’à ce « Molière malgré moi » que tu joues partout avec ta passion communicative depuis 2013. C’est davantage que de la constance, c’est un amour profond et grâce à toi, des générations d’élèves ont pu lever la tête de leurs petits classiques Larousse et se rendre compte en te voyant sur scène que ton idole était toujours vivant. Quant aux adultes, ils se sont aperçus que Jean-Baptiste Poquelin était en concordance avec notre temps, sans doute plus que jamais. (« L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertu » entre autres citations)

Je me souviens de toi à Antony où tu nous avais entraîné à minuit au Théâtre Firmin Gémier pour voir ton délirant Citron automatique, permettant à une multitude de parisiens de découvrir ce théâtre que j’aurai le bonheur de diriger plus tard.

Mais je me souviens de toi aussi dirigeant un théâtre, le magnifique Montansier à Versailles, puis avec Jean-Claude Brialy le Festival d’Anjou.

Je me souviens de toi enfin au cinéma, bien sûr, de La Gifle aux Vacances du petit Nicolas et de tes innombrables apparitions à la télévision ainsi que de tes non moins innombrables mises en scène. C’est fou ce qu’un fantaisiste peut abattre comme travail. On te croit ludion et tu es bosseur, on t’imagine dilettante et tu es acharné à parfaire ton talent. C’est curieux comme les comédiens humoristiques, drôles, comiques – appelons-les comme on veut – sont moins considérés que les comédiens sérieux – sous-entendu ennuyeux. Je suppose que ton modèle, Molière, a dû souffrir du même ostracisme. Mais, bah ! Tu continues ta route avec ce sourire et ce rire désarmants, avec ta drôlerie bon enfant et ta rigueur dans le gag. Ce qui ne t’empêche pas d’aborder des rôles plus profonds comme dans Signé Dumas de notre ami Eric Rouquette.

Un anniversaire, c’est un constat. Je constate que ta carrière est devenue exemplaire. Divertir, amuser apparait dans notre époque morose comme une nécessité absolue. On ne dira jamais assez quel bien répandent autour d’eux les acteurs de ton acabit. Il y en a peu, c’est vrai, car notre époque, outre la morosité, a inventé les comiques qui ne sont pas drôles. Grâce te soit rendue d’échapper à cette catégorie.

Bon anniversaire, donc, cher Francis, et bravo d’avoir toujours chevillé au cœur et au corps le théâtre. Il a besoin de serviteurs époustouflants tels que toi. Le spectacle vivant te convient parfaitement et tu y excelles. Je te souhaite encore plein d’anniversaires à « faire le pitre » comme disent les sinistres jaloux du métier, à rendre ton public aux anges comme je préfère qualifier ton art. Un art bien personnel puisqu’après t’avoir vu jouer, on se sent plus heureux. Quel talent !

Cela mérite en fait plus qu’un simple bravo, cela mérite un grand merci.

Théâtre ≠ Ennui

 

 

InterviBored womanewée par mes soins au sujet de la question essentielle que je me pose depuis toujours, à savoir « Comment peut-on ne pas aller au théâtre ? » une charmante jeune femme, rencontrée dans un café, me répond :
– Parce que je m’y ennuie.
« Allons bon, v’là aut’chose » me dis-je, parodiant un brave paysan normand que je rencontre parfois à la campagne.
Je lui demande :
– Comment peut-on s’ennuyer au théâtre ?
– Sais pas. Mais la dernière pièce que j’ai vue était c…… comme la pluie.

Les jeunes femmes de nos jours, si BCBG soient-elles ont des langages de corps de garde. (Les corps de garde n’existant pratiquement plus, leur langage perdure cependant chez les bourgeoises, mystère de la transversalité de la culture.)
Je pousse plus avant mon enquête et l’ex-spectatrice charmante, au corps pas autant de garde que le brillant de ses yeux laisse augurer, me fait tout un récit de la pièce ennuyeuse (ce n’est pas l’adjectif qu’elle employa) à laquelle elle a à moitié assisté dernièrement, l’autre moitié ayant été passée à dormir.

Vu ce qu’elle m’affirme et vu la réputation du metteur en scène, connu pour la lenteur de son rythme et l’abstraction du jeu de ses comédiens qu’il manipule en marionnettiste débile, je sais qu’elle a raison. Bien évidemment chacun est libre d’aimer ou de ne pas aimer et une jeune femme si affranchie dans ses propos et si mignonne soit-elle ne détient pas la vérité. Mais qui la détient ?

Le fait est qu’une évidence devrait être érigée en axiome, à savoir : « L’ennui est le contraire du théâtre ». Ou, comme le notent les mathématiciens : « Théâtre ≠ Ennui ».
La formule est juste. Combien de soirées gâchées quand une production oublie ce postulat, soit par ignorance, à la rigueur pardonnable, soit par un ego surdimensionné d’un ou des responsables qui se drapent dans la toge de l’incompris, qui, méprisants, se positionnent au-dessus du commun des mortels, bref qui se fichent du spectateur.

Nos aïeux étaient plus clairvoyants. Dans ce cas, ils sifflaient, huaient, se laissaient aller à l’emboîtage, voire au lancer de tomates. Le spectateur d’aujourd’hui est devenu plus calme, plus policé, et même hélas ! plus indifférent.

Mais réagissez, que diable ! Un bon spectateur, ennemi de l’ennui, se doit de se lever de son siège et de crier au moins à l’imposture sinon au remboursement de sa place. Il ne sera pas dit qu’on doive mourir idiot au théâtre. Si vous n’osez pas faire un esclandre, simulez une quinte de toux ou une envie pressante qui vous fera bousculer toute une rangée de fauteuils en vous excusant à haute voix : « Pardon, pardon, pardon… »
Ne vous laissez pas abattre. Abattez plutôt tous ces faiseurs d’ennui.

J’ai essayé de remonter le moral de ma jolie ex-spectatrice de différentes manières sur lesquelles je ne m’étendrai pas. Au final, et au petit matin, elle me promet de retourner – un jour – au théâtre.

Ouf ! Une spectatrice de sauvée !

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L’anniversaire de François Cluzet

 

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Cher François,

Tu es né un 21 septembre et tu es un merveilleux acteur.

Je le sais depuis toujours, depuis tes débuts où, sortant de cours, tu passais une scène de « Comment va le monde, Môssieu ? Il tourne, Môssieu » de François Billetdoux au Théâtre du Rond-Point devant les directeurs de l’époque, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud. Depuis, sans être carriériste, allant toujours vers les rôles qui te tentaient, sans calcul, tu fais une superbe carrière.

D’un rôle secondaire dans « L’été meurtrier » au superbe « Intouchables » où tu es magnifique, avec cinq films sortis depuis, tu traverses notre inconscient collectif avec une apparente désinvolture, une réelle drôlerie et une bouleversante émotion.

Tu pourrais croire que je te passe de la pommade, ce merveilleux onguent hypocrite qui rassure tant les artistes, ces éternels inquiets. Mais non, nous savons, toi et moi, que nous ne jouons pas dans cette cour des faux-semblants et que sincérité et vérité sont des qualités premières. Et puis, attends un peu la suite…

Quand je regarde ta filmographie, chapeau ! Rien à dire. De plus tu es devenu, sans l’avoir cherché, sans compromission, un acteur populaire. Les gens te connaissent. Voir ton nom dans la distribution d’un film est une promesse de qualité.

Dans un film.

Et c’est là, mon cher François, que le bât blesse un peu. Moi qui sais, et je ne suis pas le seul, les immenses ressources de ton talent, je suis triste de te voir si peu au théâtre. Bien sûr, il y a mille raisons. Je mets la comparaison des cachets de côté, je ne te ferai pas cette injure. Il y a des raisons de temps, le théâtre est contraignant, de lieu, on est bloqué à Paris ou en tournée, il est difficile de coordonner les plannings, l’appât du gain des producteurs, agents et autres parasites qui s’accrochent à ton côté « bankable ». Tu n’y es pour rien, mais c’est comme ça. Il y a la « bonne pièce » à trouver, le « bon metteur en scène », le théâtre « adéquat », etc. Et puis, il y a peut-être des raisons personnelles que j’ignore et qui ne me regarde pas, qui ne regarde personne. Tu as bien raison de protéger ta vie privé, les journaleux sont assez fouineurs, pas la peine de leur donner du mauvais grain à moudre.

Toutes ces bonnes raisons font que tu délaisses le théâtre, et c’est dommage. Pour nous et je pense aussi pour toi. Je vais te rappeler une anecdote que tu connais sans doute. Au soir de la première de « Borsalino » où Alain Delon et Jean-Paul Belmondo partageaient la vedette et se situaient l’un et l’autre au sommet de leurs gloires (succès, notoriété, amour du public, cachets mirobolants), Jean-Paul Belmondo fut surpris de la réaction de son père, le grand sculpteur Paul Belmondo. Il faisait la gueule. Jean-Paul s’en inquiéta et lui demanda les raisons. Le père répondit : « Oui, c’est bien de te voir en haut de l’affiche et d’avoir un tel succès, mais, bon Dieu ! quand donc vas-tu faire ton vrai métier ? »

Ton vrai métier. Le théâtre.

Toi, tu n’es pas apparu sur scène depuis 1999. C’est-à-dire au siècle dernier.

Bébel a écouté son père, il a joué par la suite Kean, Cyrano, etc. et a même racheté le beau théâtre des Variétés. A méditer, donc.

Néanmoins et du fond du cœur, bon anniversaire, cher François. Merci pour tout le plaisir que tu nous as procuré, mais n’oublie pas ton vrai métier, bon Dieu !

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Théâtre, théâtres

 

 

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J’aime tellement le théâtre que je me réjouis qu’il y en ait plusieurs.

Plusieurs lieux d’abord, à Paris, comme en régions, des théâtres à l’architecture moderne, vaste, en gradins où l’on voit bien partout, ou bien de vieux théâtres à l’italienne, vestiges du XIXème siècle, comme à Marseille, Lyon ou Lille. Plusieurs styles ensuite, comédies, drames, tragédies, farces, contemporains ou classiques.

Il y en est de même pour ceux qui en parlent. Je ne suis pas le seul à publier des comptes rendus de spectacle. Vous en trouverez ailleurs et notamment dans le blog de Philippe Chavernac  Critiques de théâtre à Paris que je vous invite à consulter.

Le bonheur du théâtre est que le choix est vaste.

En attendant la rentrée

 

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Je piaffe, je tourne en rond, je m’énerve.

Savez-vous que le théâtre est proche d’une drogue ? Etre en manque peut rendre le passionné que je suis et que nous sommes tous, gens de théâtre, plus fou que Poprichtchine, le personnage du journal d’un fou de Gogol, plus désorienté que ceux qui attendent Godot, plus inquiet qu’Harpagon surveillant sa cassette. A bas l’été ! Ou plus exactement à bas ce temps mort entre la fin du festival d’Avignon et la rentrée théâtrale. C’est-à-dire quasiment tout le mos d’août. C’est long un mois !

Qu’est-ce que c’est ce mois où on crève de chaleur, où on paresse sur la plage, où on a du soleil plein les yeux, des filles en bikini, des gosses tout nus faisant des pâtés ? Le farniente, la détente, voilà pour le côté physique. Les boites de nuit pour l’intellect. Et pas de théâtre ou si peu… Alors que les salles sont climatisées, les spectacles légers comme des sorbets et les comédiennes bronzées comme des starlettes grâce à leurs balcons parisiens.

Je me suis senti tellement privé de tout que j’ai regardé la télévision. J’ai vu Dustin Hoffman, génial mais qui ne fait pas assez de théâtre, j’ai vu « Carnage » la terrible pièce de Yasmina Rezah filmé par Polanski. Superbes acteurs, et superbe pièce. On ne dira jamais assez quel auteur important est Yasmina Rezah. Elle symbolisera plus tard la fin du XXème et le début du XXIème siècle, vous verrez… Je suis assez content d’avoir très vite senti son talent – je n’étais pas le seul – quand elle présenta sa première pièce « Conversations après un enterrement » mise en scène par Patrice Kerbrat avec Jean-Paul Roussillon. Je me suis empressé de la programmer au Théâtre Firmin Gémier d’Antony (92) que je dirigeais alors.

A part cela, je guette le moindre article dans les journaux. Certains dévoilent les répétitions en cours sous le titre « La rentrée se prépare » ou « En coulisses au Théâtre Machin » ou bien encore « Révélations sur la prochaine saison ». Mais la plupart nous montre ces princes qui nous gouvernent en maillot de bain et lunettes noires…

Oui, Prince, je languis, je brûle, non pour Thésée mais pour le théâtre. Ah ! Quand donc ces rideaux rouges baissés vont-ils trembloter et enfin s’ouvrir ?

Et pendant ce temps-là, le monde tourne. Certains pays n’ont pas de théâtre. Certains peuples ne connaissent pas cet art… Comment est-ce possible ? Comment font-ils pour vivre ? Vivent-ils d’abord ?

Et les français qui sortent de moins en moins, crise oblige ? Ont-ils oublié leurs pépites : le vin, le luxe, la haute couture, le fromage et la culture ? Savent-ils vraiment que c’est pour cela que notre pays est réputé à l’étranger ?

Vivement la rentrée !

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Pièce sur les départs pour Daech annulée à Londres

 

 

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Voici un extrait de l’article d’Agathe Charnet paru dans Le Figaro.fr/culture le 06/08/2015 :

“C’est un simple mail de Paul Roseby, directeur artistique du National Young Theater (NYT) de Londres, qui a informé le 30 juillet dernier les metteurs en scène du projet théâtral Homegrown qu’il serait inutile de venir répéter le lendemain. Les représentations de ce spectacle interrogeant les motivations des jeunes Britanniques à rejoindre Daech, ont purement et simplement été annulées par le NYT.

A une dizaine de jours de la première, cette annonce sans préavis a été un «choc» pour les metteurs en scène et porteurs du projet Nadia Latif et Omar El-Khairy. «Nous avons la sensation que les raisons de cette annulation ne sont ni transparentes ni clairement explicitées» ont-ils déclaré tandis que la direction du NYT invoque des «raisons artistiques»selon le Guardian.

L’annonce de l’annulation a suscité une certaine agitation sur la twittosphère. Le hashtag #Jesuishomegrown a été relayé par les artistes participant au projet tandis qu’une pétition a été lancée sur le site change.org […]”

La journaliste, bien informée, poursuit en expliquant le projet :

“[…]Le projet Homegrown s’est inspiré du départ de trois adolescentes britanniques en Syrie en mars dernier. Il visait à «explorer les processus de radicalisation» ainsi qu’à interroger «la perception de l’islam et des musulmans dans la Grande-Bretagne d’aujourd’hui». Le terme «homegrown terrorism», fréquemment employé par les médias anglophones, désigne en effet les jeunes ayant trouvé dans leur propre pays le terreau de leur radicalisation. La pièce avait exigé plus de six mois de répétitions et réunissait 112 jeunes comédiens âgés de 15 à 25 ans, soit une des plus grosses productions de l’ouverture de saison londonienne.”

Mon commentaire :

L’explication donnée par la suite, on s’en doute, se pare du fameux principe de précaution. La prudence exige d’être prudent , il ne faut pas exciter les excités et il ne sert à rien de remuer de la M… quand on est en plein dedans, bref la lâcheté ambiante face à la lâcheté du terrorisme.

Je ne cherche pas à jeter l’opprobre sur cette pusillanimité, même si je ne l‘excuse pas, mais je me pose une grave question :

Où en est-on ?

Où en est-on si l’on a peur ?

Où en est-on si le théâtre n’est pas là pour nous faire prendre conscience de certaines dérives ou problèmes de notre société, que ceux-ci soient traités sur le mode satirique, comique, dramatique ou tragique ?

Où en est-on si l’on s’autocensure ?

Où en est-on si le fait de condamner Daech est en soi une provocation ?

Nous – les européens – sommes devenus, semble-t-il, des faibles. Je ne nie pas les efforts de nos gouvernants pour détruire les cellules du terrorisme et nous savons que, et ne savons pas à quel point, les services secrets font un merveilleux travail sous-jacent. Mais il y a pire que le terrorisme d’attentat, il y a le terrorisme de la pensée qui, paré de la vertu du “raisonnable” gangrène les esprits, exemple : le raisonnable des « raisons artistiques » invoquées, voir plus haut.

Que vont penser ces 112 jeunes comédiens de leurs ainés qui les empêchent de s’exprimer ?

Cela se passe à Londres, en Angleterre. En France, pour l’instant, on peut respirer. Nous sommes Charlie, nous ne risquons pas que cela arrive chez nous. D’ailleurs c’est simple, personne ne se risque à monter ce genre de pièces.

“Le monde se meurt par manque d’imprudence”, disait Jacques Brel. A trop être prudents, nous allons rester dans les jupes de maman Etat et nous n’allons pas voir venir les coupeurs de tête.

Au XVIIème siècle, face à un autre intégrisme Molière a bien eu du mal à pouvoir monter son Tartuffe – qu’il est bon au passage de relire en pensant à un intégrisme d’aujourd’hui. N’avons-nous fait aucun progrès depuis ? Et les droits de l’homme ? Et la fameuse liberté d’expression ? Et Voltaire (auteur d’un Mahomet que plus personne ne monte, allez savoir pourquoi !) ?

Au XVIIème siècle, ce siècle-là apparemment était plus tolérant que le nôtre, Molière a eu du mal à monter son Tartuffe, mais il l’a monté.

Que les 112 jeunes comédiens de Londres ne nous cassent pas les pieds et nous laissent nous endormir tranquilles. Ils n’ont qu’à rentrer chez eux et jouer aux jeux vidéo comme tous les jeunes de leur âge. Non, mais !

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Formation de l’acteur (1)

 

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La formation de l’acteur professionnel est sujette souvent à des enseignements bâclés et loin des réalités professionnelles qui attendent les apprentis comédiens.

Après avoir moi-même enseigné durant de nombreuses années, j’ai constaté que l’apprentissage était en France la porte ouverte à de nombreuses dérives.

J’ai donc décidé de préparer un guide avec adresses et conseils à un(e) jeune débutant(e) dans ce métier où il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. D’ici quelques mois il sera prêt et on pourra se le procurer dans la boutique de ce blog.

Si vous décidez de devenir comédien, si vous sentez véritablement en vous une attirance voire une vocation pour le métier d’acteur, sachez que la route est longue, qu’il vous faudra investir beaucoup d’énergie, de temps, de persévérance, et surtout de travail.

En attendant la parution de mon guide, et comme la rentrée approche, je vous conseille deux cours de formation de l’acteur professionnel que je vous recommande particulièrement pour leur sérieux, leur exigence et la qualité de leur enseignement.

L’école de Claude Mathieu

L’atelier d’Anne-Marie Philipe

Il y en a d’autres, bien sûr (beaucoup trop d’autres) et même des plus connus mais pas toujours les plus attentifs aux élèves. Je vous en parlerai dans de prochains articles.

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