Archives pour la catégorie Avignon 2015

Avignon In, Off et Out

 

 

Avignon

Avignon, c’est fini. Et dire que c’était la ville de mon premier amour…

Amour théâtral quand, jeune apprenti comédien au conservatoire de Marseille, je venais – déjà – m’enivrer de théâtre comme de vin. Premières amours confondues avec les jeunes et belles actrices. Il y a toujours de jeunes et belles actrices, les demoiselles d’Avignon, qui tractent dans la rue et vous abordent, leurs flyers à la main. Avignon durant le festival est la seule ville au monde où des femmes vous racolent pour autre chose que ce à quoi vous pensez.

Le In et le Off, en cette fin de mois de juillet, viennent de mourir ensemble, sans bruit, cédant la place aux municipaux de la voirie qui ôtent toutes les affiches et balaient les tracts. Ils effacent les couleurs, redonnant aux murs leur grisaille, aux rues leur béton dans une aube rose pâle qui semble démaquillée. Savent-ils que c’est du rêve qu’ils jettent dans leurs camions-poubelles ?  Place aux avignonnais qui, durant le festival étaient partis ailleurs. Où ? Peut-être dans les campagnes, préférant le chant des cigales aux cris des bateleurs, les parades nuptiales des animaux aux parades des faiseurs de spectacle. Un peu de tristesse enveloppe la ville qui a besoin de repos après la folie théâtrale.

J’ai déserté le In, cette année. Il paraît que je n’ai rien perdu. Si, on perd toujours à ne pas aller au théâtre. Mais je ne me suis pas senti le courage d’aller comprendre et analyser des mises en scène. J’avais besoin d’être touché au cœur, pas à la tête. Je me suis rabattu sur le off où, quoi qu’en disent les « cultureux » (à ne pas confondre avec les culs terreux plus concrets), les perles foisonnent. Je n’ai pas fait le compte-rendu de tous les spectacles que j’ai vus mais j’en ai souligné quelques-uns que vous pouvez trouver à la rubrique Juillet 2015. Beaucoup m’ont ravi.

Si j’en crois l’hebdo « Avi City local News » de la première quinzaine de juillet, le profil type du festivalier dans le Off est de 64 % de femmes et 36 % d’hommes. (Où sont passés les enfants, alors que plein de spectacles leur sont destinés ? Mystère). Tant de femmes pour à peine un peu plus de la moitié d’hommes ! Et ces derniers, sans doute entraînés, tirés par la manche par leurs épouses, petites amies, sœurs ou copines. Les femmes sont toujours plus spectatrices, elles ont besoin d’émotions. Les hommes préfèrent une bière entre copains, le foot, la télé et le bricolage. Vive les femmes, donc.

Greg Germain, l’excellent directeur du festival off d’Avignon (50 ans qu’il a été créé) se désole d’être oublié de l’Etat. « Pas question de subventionner le off », lui a déclaré le premier ministre Emmanuel Valls. Greg Germain a tort. Ne pas dépendre de subventions permet une véritable liberté. Le premier ministre a tort aussi. Pourquoi cet ostracisme ? L’Etat a pris l’habitude, en matière d’art, de décréter ce qui est bon et ce qui est mauvais pour le peuple. Pauvre Etat !

Merci d’autant plus à Greg Germain pour son boulot. C’est un facilitateur. Il permet aux talents – tous les talents, eh oui, monsieur le premier ministre, le théâtre est multiple – de s’exprimer. Merci et bravo.

Avignon In, Avignon Off, c’est fini, c’est Avignon Out. Et dire que je vais y retourner l’année prochaine. Pour de nouvelles rencontres, pour de nouvelles joies, pour de nouveaux enthousiasmes. Avignon, mon amour.

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Barbe-Bleue

 

Avignon 2015

Théâtre des Carmes

barbe bleueChacun sait qu’Amélie Nothomb allie l’excellence d’une surdouée en littérature à la perversité d’une cancre qui adore faire des bêtises. Faisant ressurgir le mythe terrifiant de Barbe bleue du fin fond de l’enfance en l’adaptant, elle s’attaque à l’ogre qui tue ses conquêtes féminines tel Landru. Pas de corps carbonisés mais des photographies de cadavres, maniaques portraits gardés jalousement dans une chambre noire où personne ne doit pénétrer. Le monstre est présenté comme un homme courtois, galant même, trop poli pour être malhonnête, cordon bleu émérite, à la soixantaine sereine. Il permet à une jeune trentenaire moyennant un loyer modéré de loger chez lui. A la condition qu’elle n’entre jamais dans la chambre noire. Son appartement n’est pourtant pas une HLM, il n’y a qu’à voir la cuisine admirablement décorée par Claude Plet. On y boit du champagne, on y prépare des mets raffinés, on y joue même aux échecs et au jacquet devant un maître d’hôtel imperturbable joué imperturbablement par Xavier de Guillebon.

L’adaptation de Gérald Aubert permet de faire du roman une pièce de théâtre sans qu’il soit dénaturé. Tout cela pourrait être d’une élégance surannée et d’un conformisme convenu s’il n’y avait les interprètes, et quels interprètes ! La jeune femme est incarnée par Charlotte Adrien, ravissante dans sa robe soleil, attirée, fascinée par le monstre qu’elle trouve par ailleurs abominable. Les femmes, c’est bien connu, adore les meurtriers, les gangsters, les voyous de tout poil, à défaut les hommes mal rasés. Celui-ci arbore une barbe sinon bleue du moins grise qui lui donne une certaine majesté. Attirée comme un papillon par la lumière de la pièce interdite quand la porte s’entrebâille, jouant merveilleusement de l’ambigüité attirance-répugnance, curiosité-peur, la comédienne déploie la séduction, le charme et le refus avec une grâce rare. Elle va laisser son Barbe-Bleue l’envahir, tomber amoureux d’elle. On tomberait à moins. De fait, au lieu de la prendre dans ses filets, c’est lui qui va succomber. Pour être monstrueux on n’en est pas moins homme.

Et là, autre miracle du théâtre, s’impose le jeu de Pierre Santini. De façon toute simple, il offre les arrière-plans du personnage avec une économie de moyen et une grande force intérieure. On comprend comment il a séduit les autres femmes qui ont précédé la dernière venue, par une présence imposante mais toute en délicatesse, par une voix feutrée aux accents parfois tonitruants, par une souplesse de mouvements et une raideur de machine. Un homme tout en contraste, c’est-à-dire tout en mystère. Les femmes aiment les hommes mystérieux. Pris au piège de l‘amour, Pierre Santini n’en est que plus pathétique. On le croyait monolithique et il est fragile. On le pensait dur, il n’est que tendresse. « Que c’est bath, un acteur ! » s’exclamait Jean Gabin dont il a la force et la virile sensibilité. On voudrait le sauver à la fin, l’aider au moins tant il parvient à nous toucher mais son destin a pris la forme voluptueuse d’une belle femme en robe soleil.

Une pièce à voir parce qu’elle condense beaucoup de talents, texte, jeu et mise en scène.

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Le roman d’Amélie Nothomb :

 

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Ensemble

 

Avignon 2015

Théâtre La Luna

Ensemble

Il y a deux sortes de théâtre. Celui des idées qui fait appel à notre cerveau, nous force à réfléchir et nous fait ressortir de la salle avec le sentiment d’être plus intelligent. Et puis il y a l’autre, celui de l’émotion qui frappe au cœur et au ventre et nous laisses attendris, avec le sentiment d’être meilleur puisque nous avons compati. L’un et l’autre sont des leurres – le théâtre d’ailleurs en est un et même une illusion. L’un et l’autre ont leurs partisans et leurs détracteurs ainsi que dans la vie où le cœur et la raison se livrent un sempiternel combat depuis que l’Homme est l’Homme.

On ne sera pas étonné d’apprendre que « Ensemble » appelle à l’émotion, s’en revendique, la compagnie Carrozzone teatro qui le présente étant italienne, et les italiens, on le sait, sont de grands sentimentaux. Comme les français mais en plus drôles.
Que doit-on faire d’un débile léger atteignant l’âge d’homme ? Le garder chez soi ou le placer dans un centre spécialisé ? La mère, se réfugiant dans le déni, veut qu’il reste à la maison, la sœur qui vit ailleurs veut le mettre en maison. C’est fou comme le mot « maison » peut avoir deux sens différents selon qu’elle se trouve dedans ou dehors.

L’auteur de la pièce, Fabio Marra, joue le déficient mental doux comme une gelato avec humour et humanité. La sœur, Sonia Palau, sous des dehors durs et fermés est tendre comme une pizza calzone. Et la mère, excellente Catherine Arditi est âpre, forte et revigorante comme un espresso. S’ajoute à la distribution une jeune fille, Floriane Vincent, qui cherche du travail et devient auxiliaire de vie, moelleuse comme du mascarpone.

C’est très italien, bien que joué en langue française, et s’apparente à un théâtre populaire réaliste où l’eau ruisselle vraiment du robinet de l’évier, et le sentimentalisme de chaque personnage. Rafraîchissant, donc. Sans y toucher cependant, la pièce en dit davantage sur la différence que beaucoup de constats verbeux et lénifiants.
Retenons cette réplique proférée par Catherine Arditi, encore une fois d’une justesse et d’une vérité confondantes dans sa cuisine : « C’est quoi, être normal ? Qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ? »

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Le titre est dans le coffre

 

Avignon 2015

Espace Alya

le titreQuatre clowns pour une histoire de coffre volé. Ils parlent peu ou disent des bêtises. Comme tous les clowns, comme beaucoup de gens. Ceux-ci bougent dans une anarchie totale de mouvements destructurés mais savamment travaillés. Les enfants adhèrent tout de suite à ces maladroits qui leur ressemblent, les adultes plus coincés sont vite emportés par le rire et perdent avec joie leur retenue. Après un début un peu lent, nos quatre gaillards à force de clins d’œil, de jeu avec le public et d’un final hilarant emportent le morceau. N’apportez bien sûr ni clés, ni chéquier, ni lunettes, ni smartphone, ils vous les piqueront et feront toute une histoire pour vous les rendre à la fin.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’art du clown que ceux-là servent avec davantage que du talent. Pourquoi ne se lasse-t-on pas de ces maquillages outranciers, de ses borborygmes, de ces gags éculés irrésistibles ? Tout pourrait reléguer ces pitreries au magasin des accessoires vieillots. Mais non, on les acclame, on en veut encore. Vive les cabrioles et les étourdis qui se prennent les portes en plein nez rouge.

Il est vrai que l’on ne peut faire qu’un triomphe à ces pitres-là. Augustes et clowns blancs qui nous entourent tant à notre époque, à la télévision comme en politique, en une parade de gugusses sinistres ne nous font pas rire, loin de là. Ceux de « Le titre est dans le coffre » au moins sont hilarants. Ils annoncent leur spectacle comme une parodie de vaudeville. Ils ont tort, c’est bien plus drôle.

 

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Piano Rigoletto

 

 

Avignon 2015

Théâtre Au coin de la lune

alain bernardDepuis quelques années les musiciens dans la veine du mythique « Le Quatuor » se sont aperçus qu’ils avaient à leur portée une huitième note, celle de faire rire. Et après le précurseur Maurice Baquet et son violoncelle on a vu défiler des kyrielles de comiques musicaux, plus ou moins musiciens et plus ou moins comiques.

Là où Alain Bernard, dans « Piano Rigoletto » se distingue, c’est qu’il aime non seulement la musique, mais toutes les musiques. De Chopin à David Guetta, en surfant sur des variations de « La Mer » de Charle Trénet, vagues de mélodies superbes. Il nous livre un panel de son talent de pianiste de bar et de virtuose du synthé passant d’un genre à l’autre, ses doigts virevoltant sur les touches (52 noires et 36 blanches précise-t-il) avec une virtuosité qui épate. Maniant un humour de grosse caisse ou de fin arpège selon le cas, il nous donne une leçon de musique, fort drôle et pétillante. Malicieux, il démonte tous les trucs et astuces en nous livrant les dessous de la composition (ah ! les jingles des émissions télé !) sans casser son amour fou et multiple pour la musique. C’est jubilatoire et on en redemande. A ses textes s’ajoutent ceux de Jean-Claude Islert et de Pascal Légitimus, ce dernier signant aussi la mise en scène avec son sens du comique bien connu.

Alain Bernard. Retenez ce nom si vous ne le connaissez déjà.  Il a tout d’un grand amuseur populaire et de plus caresse son piano comme son public avec une joie communicative. Son père avait écrit une chanson pour Bourvil, « La valise ». Il finit sa leçon en la faisant revivre. C’est chaud, tendre et émouvant. On croyait au bout d’une heure et quart avoir fait le tour du bonhomme et il nous surprend. Bref, un véritable artiste.

 

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Pierre et Loulou

 

Avignon 2015

Collège de la Salle

Pierre et Loulou

 

jp

 

 

La fascination des enfants pour les animaux n’a d’égale que celle des marionnettes représentant des animaux. Encore faut-il qu’elles soient à la fois réalistes et fantastiques. Le concret et l’imaginaire. Quand le loup Loulou a faim il dévorerait tout ce qui bouge. Il a beau être monté sur ressort, avoir de faux airs d’une construction Meccano, il est noir avec des dents à broyer mouton, ourson ou grenouille. Les jeunes spectateurs ne s’y trompent pas qui lui préfèrent Pierre, un jeune garçon qui leur ressemble ou à qui ils seraient heureux de ressembler. Avec ses grosses chaussures de cuir et sa salopette, Pierre n’a peur de rien. Loulou avec ses dents pointues comme des clous ne l’effraie même pas. Les jeunes spectateurs aimeraient bien en dire autant.

Ne nous moquons pas. Tout le monde, du Petit chaperon rouge aux Trois petits cochons, a peur du loup. Les grandes personnes, qui dans ce cas ne se sont pas grandies, se sont inventé des loups à tête d’homme, Hitler, Staline, Mao Zedong, Pol Pot et tant d’autres qui ont même leurs fans. Les enfants, eux, plus concrets et plus prudents, l’idéologie n’est pas leur truc, se méfient des loups à tête de loup quels qu’ils soient et n’ont de sympathie pour aucun.

Dans « Pierre et Loulou », la compagnie Les Danglefou (Serge Dangleterre et Kham-Lhane Phu) mélange avec bonheur marionnettes et cinéma. Ajoutez-y la musique de Prokofiev et un langage fait de borborygmes en définitive très compréhensibles, et vous aurez un joli spectacle très réussi

A partir de 3 ans

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Inspecteur Toutou

 

Avignon 2015

Théâtre Pixel

jp

Inspecteur ToutouL’inspecteur Toutou est beau, bon, mais pas intelligent, c’est son miroir magique qui le lui répète à chaque enquête. Et des enquêtes il va en avoir à résoudre : le loup veut retrouver le petit chaperon rouge, la méchante sorcière très en beauté est à la recherche de Blanche-neige pour lui faire croquer sa pomme d’un rouge d’enfer, la bûcheronne veut rattraper le Petit Poucet et ses sept frères pour les offrir à son ogre de mari et le Prince veut réveiller sa Belle au bois dormant, entre autres.

L’inspecteur Toutou, débordant de gentillesse autant que de bêtise – la bonne volonté est souvent niaise – va les aider jusqu’à chambouler complètement tous les contes. L’auteur, le délicieux auteur qu’il faut s’entêter à réhabiliter, Pierre Gripari, s’amuse à prendre d’autres pistes que celles, conventionnelles, auxquelles depuis l’enfance nous sommes habitués. Le petit chaperon rouge va croquer la pomme rouge ainsi que le Petit Poucet affamé et les 7 nains, dont pas un pourtant ne s’appelle Gourmand. Tous vont tomber davantage que dans les pommes. Quant au Prince il va épouser une vieille de cent ans passés et non pas une jeune qui dort depuis plus de cent ans. Enfants, écoutez bien l’énoncé du problème en classe d’arithmétique, sinon après vous vous en mordrez les doigts dans la vie.

Mais grâce à la fée Rutabaga, une casse-pied, celle –là ! tout rentrera dans l’ordre. A la grande joie des petits et des grands spectateurs chargés de dénoncer les menteurs. Il faut dire que dans ce spectacle lorsqu’un personnage ment il se gratte la fesse. C’est très commode. Si les hommes politiques se comportaient ainsi, gratouille assurée lors de tous les discours et interviewes. Les deux comédiens de la compagnie Tête en l’air au jeu déjanté de dessin animé enlèvent le tout de ce Toutou avec brio.

Ne confiez aucune enquête à cet inspecteur canin qui n’a aucun flair, mais n’hésitez pas à lui confier vos enfants, ils passeront un joyeux moment.

A partir de 3 ans.

 

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Un bon petit diable

 

Avignon 2015

Théâtre La Luna

un bon petit diablejpVoilà une adaptation d’après la Comtesse de Ségur enlevée et burlesque. L’adaptation pas la comtesse qui s’ennuyait dans son château des Nouettes, délaissée par un mari volage. C’est pour amuser ses enfants puis ses petits enfants qu’à cinquante ans passés elle se mit à écrire. Des histoires où des enfants font des bêtises. C’est tellement plus chouette.

Le Bon petit diable mis en scène par Rebecca Stella ravit les enfants. Il faut voir les spectacles pour enfants avec des enfants. Quand on est adulte on est de l’autre côté, blasé et imbécile. Les gosses sont naïfs, ce qui est une qualité et dépourvus de tout sens critique, ce qui est un défaut.

Le jeune Charles a les fesses protégées par une baudruche de diablotin qui amortit les coups de sa mégère de cousine, Madame Mc Miche. Avec un nom pareil la dame acariâtre, mauvaise et grimaçante, tirant la langue à tout va, ne peut être qu’adepte de la fessée.

Aidé par la bonne et bonne Betty, Charles va échapper à sa tortionnaire pour se retrouver dans une école où le maître qui ressemble fort à la comédienne qui joue Madame Mc Miche – mais chut ! il ne faut pas détériorer la crédulité des enfants –, le maltraite itou. Il parviendra cependant à s’en sortir, toujours aidé par la bonne Betty, décidément très bonne. Au passage, on ne félicitera jamais assez les boniches, soubrettes et autres servantes de théâtre d’être si serviables avec les braves gens. Maintenant qu’il n’y a plus de domestique que dans les quartiers chics et dans les soixante pièces des palaces des rois du pétrole, l’art dramatique a perdu des recrues de poids pour faire avancer les situations.

Les éléments de décor sont pleins de trouvailles, les acteurs assez farfelus se défoncent dans une gestuelle de poupées mécaniques et tout est bien qui finit bien puisque le héros va enfin trouver la liberté. Au fond, vivre libre, n’est-ce pas l’essentiel ? La Comtesse de Ségur l’avait compris. Avec son imagination elle a pu s’évader de sa condition et de son triste domaine.
Puisse ce bon petit diable donner aux enfants le goût de s’évader, seul goût qui avec celui du Nutella et des bonbons à la fraise Tagada doit perdurer bien après l’âge adulte.

A partir de 6 ans

 

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e-génération

 

Avignon 2015

Théâtre Le Grand Pavois

e-générationLes spectacles à sketchs sont les plus difficiles à réussir. Agencer l’ordre, ne pas laisser tomber le rythme, varier les prestations des acteurs, etc. Ici on se retrouve parfois en équilibre instable, certaines scènes sont plus faibles que d’autres, mais l’important est le propos et il est plus qu’intéressant. Il s’agit de montrer que « L’e-génération », à savoir la génération Internet n’est ni pire ni meilleure que la précédente, la « TV-génération » ou encore celle d’avant la « Transistor-génération ». Le choc, voire le conflit, en tout cas l’incompréhension des générations entre elles ne date pas d’hier. La Bible, l’Histoire antique ou moderne sont pleines de pères et de fils qui s’affrontent. Regardez mais 68 où les fils de bourges brûlaient les voitures des pères de bourges, regardez les banlieues où les beurs de troisième génération se révoltent contre les beurs de deuxième.

La « E-génération » cherche l’amour sur la toile et trouve des amis sur les réseaux sociaux, la belle affaire, ses parents agissaient déjà ainsi en s’inscrivant dans des clubs, des associations et autres confréries. Bref, rien de nouveau sous le soleil, à part les outils, en l’occurrence l’ordi (ne dites pas l‘ordinateur, ça fait vieux croûton) et surtout le smartphone. « Nous avons le monde dans la poche », dit l’un des personnages. La pièce met donc en scène ces jeunes qui tchatent,  likent  et twittent  à la vitesse de leurs doigts virevoltants. Les comédiens sont parfois un peu jeunes dans leur diction et leur expression, voix mal placées et gestuelles fabriquées, mais, bon, on ne peut pas tout avoir, la jeunesse et l’expérience (par expérience, je sais qu’il vaut mieux avoir la jeunesse). Et puis avouez qu’un spectacle sur les us et coutumes des jeunes joué par le troisième âge, ça manquerait quand même de tonus !

L’essentiel, je l’ai dit, est ici le propos et la question toute bête mais essentielle qu’il soulève : Peut-on avec ou malgré les nouvelles technologies rester soi-même, avoir des sentiments et ne pas devenir une machine à penser ?  Il semblerait que oui. Si les pratiques de cette « E-génération » peuvent surprendre ses aînés, elle nous demande de lui faire confiance.

Parions sur elle. Il faut toujours parier sur la jeunesse, on est sûr de gagner parce qu’elle a l’énergie et la foi. Pardon, elle a trop la niaque et elle est à donf péchu.

 

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Livret de famille

 

Avignon 2015

Théâtre La Luna

livret de familleRien de plus subtil, de plus ténu mais aussi de plus encombrant que la relation fraternelle. D’un point de départ tout simple, la mère qui a disparu de chez elle, deux frères qui n’ont pas toujours fraternisé se retrouvent chez l’un d’eux. Quand je dis « se retrouvent », ce n’est pas dans le sens de retrouvailles heureuses, car ces deux-là auraient plutôt tendance à se rechercher. Engoncés dans leur pudeur d’hommes de la quarantaine et, pardon pour ce jeu de mot, ayant mis en quarantaine leur tendresse, ils vont avoir du mal à se trouver. De petites confidences en gros aveux, ils vont à tour de rôle se détester, se battre et bien sûr fraterniser.

Eric Rouquette a écrit là une pièce forte où le non-dit est plus puissant que les mots et construit avec souplesse une avancée des situations, jusqu’à nous tenir en haleine de bout en bout. Il transforme les petits riens de la vie, avoués dans un langage quotidien sans vulgarité, en douleurs contractées, en regrets amers mais aussi en espoirs fous où brille encore le regard de l’enfance. Il y ajoute un art dépouillé mais magnifique de la mise en scène dans un décor original de Olivier Hébert – deux fenêtres au dessus des toits – où les personnages se meuvent dans une nuit d’été, tour à tour chats de gouttière et félins féroces.

S’ajoutent pour notre plaisir les talents conjugués de deux acteurs, des grands – eh oui en ces temps de médiocrité, il est bon de le souligner, car au lieu de se complaire dans des tics de cabot ils arrivent à faire vivre pleinement des personnages. Ils s’appellent Christophe de Mareuil et Guillaume Destrem, plus frères que des frères de sang, et leurs sensibilités d’écorchés se conjuguent sans fausse note.

C’est triste, c’est dur, c’est tendre et c’est beau. C’est du vrai théâtre, point final.

 

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