Avignon In, Off et Out

 

 

Avignon

Avignon, c’est fini. Et dire que c’était la ville de mon premier amour…

Amour théâtral quand, jeune apprenti comédien au conservatoire de Marseille, je venais – déjà – m’enivrer de théâtre comme de vin. Premières amours confondues avec les jeunes et belles actrices. Il y a toujours de jeunes et belles actrices, les demoiselles d’Avignon, qui tractent dans la rue et vous abordent, leurs flyers à la main. Avignon durant le festival est la seule ville au monde où des femmes vous racolent pour autre chose que ce à quoi vous pensez.

Le In et le Off, en cette fin de mois de juillet, viennent de mourir ensemble, sans bruit, cédant la place aux municipaux de la voirie qui ôtent toutes les affiches et balaient les tracts. Ils effacent les couleurs, redonnant aux murs leur grisaille, aux rues leur béton dans une aube rose pâle qui semble démaquillée. Savent-ils que c’est du rêve qu’ils jettent dans leurs camions-poubelles ?  Place aux avignonnais qui, durant le festival étaient partis ailleurs. Où ? Peut-être dans les campagnes, préférant le chant des cigales aux cris des bateleurs, les parades nuptiales des animaux aux parades des faiseurs de spectacle. Un peu de tristesse enveloppe la ville qui a besoin de repos après la folie théâtrale.

J’ai déserté le In, cette année. Il paraît que je n’ai rien perdu. Si, on perd toujours à ne pas aller au théâtre. Mais je ne me suis pas senti le courage d’aller comprendre et analyser des mises en scène. J’avais besoin d’être touché au cœur, pas à la tête. Je me suis rabattu sur le off où, quoi qu’en disent les « cultureux » (à ne pas confondre avec les culs terreux plus concrets), les perles foisonnent. Je n’ai pas fait le compte-rendu de tous les spectacles que j’ai vus mais j’en ai souligné quelques-uns que vous pouvez trouver à la rubrique Juillet 2015. Beaucoup m’ont ravi.

Si j’en crois l’hebdo « Avi City local News » de la première quinzaine de juillet, le profil type du festivalier dans le Off est de 64 % de femmes et 36 % d’hommes. (Où sont passés les enfants, alors que plein de spectacles leur sont destinés ? Mystère). Tant de femmes pour à peine un peu plus de la moitié d’hommes ! Et ces derniers, sans doute entraînés, tirés par la manche par leurs épouses, petites amies, sœurs ou copines. Les femmes sont toujours plus spectatrices, elles ont besoin d’émotions. Les hommes préfèrent une bière entre copains, le foot, la télé et le bricolage. Vive les femmes, donc.

Greg Germain, l’excellent directeur du festival off d’Avignon (50 ans qu’il a été créé) se désole d’être oublié de l’Etat. « Pas question de subventionner le off », lui a déclaré le premier ministre Emmanuel Valls. Greg Germain a tort. Ne pas dépendre de subventions permet une véritable liberté. Le premier ministre a tort aussi. Pourquoi cet ostracisme ? L’Etat a pris l’habitude, en matière d’art, de décréter ce qui est bon et ce qui est mauvais pour le peuple. Pauvre Etat !

Merci d’autant plus à Greg Germain pour son boulot. C’est un facilitateur. Il permet aux talents – tous les talents, eh oui, monsieur le premier ministre, le théâtre est multiple – de s’exprimer. Merci et bravo.

Avignon In, Avignon Off, c’est fini, c’est Avignon Out. Et dire que je vais y retourner l’année prochaine. Pour de nouvelles rencontres, pour de nouvelles joies, pour de nouveaux enthousiasmes. Avignon, mon amour.

Donnez-moi votre avis, faites-moi part de votre expérience. Ce blog Place au Théâtre  va vous aider à vous épanouir, peu à peu, conseil après conseil. (Votre mail ne sera jamais divulgué. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, là où il n’y a aucun théâtre.)

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