La Peste

 

La peste

D’albert Camus

Adaptation, mise en scène et jeu de Francis Huster

Théâtre des Mathurins

Il est assez rare au théâtre qu’on atteigne les 1 000 représentations d’une pièce, le record absolu étant la Cantatrice chauve avec 18 000 représentations depuis 57 ans !

Plus modeste, mais tout aussi persévérant, Francis Huster fête le 31 août 2015 au Théâtre des Mathurins la millième représentation du roman d’Albert Camus, La Peste, qu’il a adapté, mis en scène et  qu’il joue avec cette conviction et ce charme qui lui sont propres. Il faut y ajouter aussi cette passion qui l’anime d’un feu intérieur depuis toujours, qui s’appelle le Théâtre et qu’on peut qualifier chez lui de seconde nature tant l’une et l’autre semblent indissociables. Malgré une carrière impressionnante au cinéma et à la télévision, il reste un des piliers du théâtre, depuis son passage à la Comédie Française et dans la compagnie Renaud-Barrault. Professeur, metteur en scène, acteur, terriblement acteur – il est capable de jouer plusieurs spectacles la même semaine –, il reste attachant pour ceux qui l’aiment et jalousé bien sûr par ceux qui ne possèdent pas son flamboyant palmarès. Pour moi, c’est au théâtre où il se complaît que son talent de comédien m’éblouit, semblable à celui d’un peintre impressionniste.

C’est en effet par petites touches, tout en nuances, qu’il peaufine son personnage. Depuis 1989, année où il a créé La Peste, il n’a cessé de progresser, de devenir de plus en plus intense, d’intérioriser sans oublier de donner au public cette flamme qui le caractérise.
La Peste est sans doute le roman essentiel d’Albert Camus. Cette histoire d’épidémie qui ravage Oran est pleine d’interprétations possibles. La peste brune, bien sûr, celle qui touchait Camus – le roman a été publié en 1947 –, mais avec le temps une nouvelle résonance s’impose, comme toujours avec les grands classiques. Notre peste à nous avec la montée de l’extrémisme religieux semble étrangement présente dans ce spectacle. D’autant que le grand mérite de l’adaptation de Francis Huster est de mettre en avant ce chef d’œuvre, de ne pas « en rajouter ». Dépités seront ceux, les aigris toujours, qui lui reprochent son cabotinage, car l’acteur Francis Huster joue ici « en retrait », en véritable serviteur de l’œuvre. Tout est cependant ciselé, peaufiné, venant de l’intérieur. Sans se mettre en avant, il restitue avec simplicité la beauté du roman. Savez-vous que la simplicité est ce qu’il y a de plus difficile en art ?

Courez applaudir ce grand comédien, avec sa voix inimitable et son jeu sobre. Vous en serez très étonné. Vous étiez venu voir Francis Huster et vous repartirez en ayant vu Albert Camus. Miracle du théâtre !

Le roman d’Albert Camus, La Peste :


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Théâtre, théâtres

 

 

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J’aime tellement le théâtre que je me réjouis qu’il y en ait plusieurs.

Plusieurs lieux d’abord, à Paris, comme en régions, des théâtres à l’architecture moderne, vaste, en gradins où l’on voit bien partout, ou bien de vieux théâtres à l’italienne, vestiges du XIXème siècle, comme à Marseille, Lyon ou Lille. Plusieurs styles ensuite, comédies, drames, tragédies, farces, contemporains ou classiques.

Il y en est de même pour ceux qui en parlent. Je ne suis pas le seul à publier des comptes rendus de spectacle. Vous en trouverez ailleurs et notamment dans le blog de Philippe Chavernac  Critiques de théâtre à Paris que je vous invite à consulter.

Le bonheur du théâtre est que le choix est vaste.

Tailleur pour dames

 

 

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Théâtre Montparnasse

Il y a chez Georges Feydeau un fol emballement qui fait de ses pièces, dit-on, une machine aux engrenages bien huilés. Moi, je suis plus sensible au grain de sable impromptu, surprenant et dévastateur qu’il introduit dans ce mécanisme d’horlogerie, qui le détraque et emporte le public dans un rire ravageur.
C’est un plaisir de retrouver Tailleur pour dames dans l’adaptation élégante et drôle du regretté Jean Poiret. Je ne vous déflorerai pas l’histoire qui au fond, comme toujours chez Feydeau, est moins importante que les caractères et les situations. Sachez seulement – et c’est ici poussé à la perfection – qu’il s’agit d’un mensonge qui en entraîne un autre, puis un autre, puis d’autres mensonges d’autres personnages. Les quiproquos, comédie oblige, sont aussi de la partie. Le médecin est pris pour un grand couturier, la femme convoitée pour une caissière et la belle-mère pour la reine du Groenland ! Mais le plus désopilant se situe dans l’enchaînement des inventions que le pauvre médecin est obligé d’improviser. Ce ne sont pas des improvisations, c’est de la haute voltige. La patte de Poiret s’allie ici à celle de Feydeau, et quel feu d’artifice !

Dans ce registre où le brio est requis, José Paul, tout en souplesse, avec élégance et humour, excelle. Il apporte au personnage ce côté dépassé par les événements, cet arrière-plan du monsieur qui se débat comme un beau diable mais sait au fond de lui qu’il n’y arrivera pas. Il y a un côté fataliste chez cet acteur, mi-anglais, mi-clown blanc, qui fait merveille. Il est entouré de bons comédiens dont le délicieux Sébastien Castro, raseur impénitent et content de lui, et se débat dans deux décors très sobres, peut-être trop, mais qui modernisent la pièce. La mise en scène d’Agnès Boury manque un peu de folie mais elle a le mérite d’avoir su s’effacer devant le génie de ce Feydeau-Poiret. Je dis bien le génie car il est bien plus difficile de faire rire que d’émouvoir, tous les gens de théâtre vous l’affirmeront.

Chacun de ces auteurs a su donner ses lettres de noblesse au théâtre de boulevard. N’en déplaise aux grincheux, ne dédaignons pas le genre, en ces temps de morosité il est plus que nécessaire, à preuve l’accueil chaleureux du public qui n’en finit pas d’applaudir aux saluts. Ce charmant spectacle aurait mérité davantage que d’être cantonné dans la catégorie « comédie de l’été ». Il faut aussi qu’on s’amuse cet hiver et pour l’amusement, le tailleur Feydeau est un couturier hors pair.

P.S. La réplique de la pièce : « Il y a des bouchers charcutiers. Moi, je suis médecin couturier. »

La bande annonce du spectacle :

 

Le texte de la pièce originale :

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Vaincre votre timidité (4)

 

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Le cours de la vie

En se laissant entraîner par le cours de la vie, vous oubliez l’essentiel. Si ce long fleuve (pas toujours) tranquille vous emporte sans que vous réagissiez, vous n’allez pas être maître de votre destin. Certes, il y a les événements extérieurs, mais dans la plupart des cas, c’est vous, et vous seuls qui guidez ce cours. Vous croyez que vous subissez et vous vous dispensez d’agir. Pour diriger le cours de votre vie il faudrait des cours de vie, ou tout au moins des marches à suivre. Afin de ne pas se fourvoyer dans les ornières de l’ennui et les culs-de-sac du temps perdu. Vous pouvez, vous devez ne pas vous laisser aller. La paresse, le report au lendemain ou plus tard de ce que vous pouvez faire le jour même (la procrastination), la routine imbécile et stérile font de votre vie une succession de temps inutiles.
Ne laissez pas votre vie gâcher votre vie !
Réagissez, prenez-la en mains, décidez. Donnez-vous des objectifs, et tenez-les.
Quel rapport avec la timidité, vous demandez-vous ? Ceux qui n’osent pas se renferment sur eux-mêmes, ceux qui se renferment conçoivent aigreur, jalousie et regrets et deviennent d’une timidité maladive. Oser aller de l’avant, c’est aller vers les autres, c’est les convaincre de la faisabilité de vos projets, c’est les faire entrer dans votre sphère. C’est exister. La considération, l’intérêt, le respect, voire l’amitié ou l’affection qu’on vous portera alors seront les résultats probants de votre réussite.
Aller de l’avant, c’est jeter sa timidité aux orties. N’hésitez pas.

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Servante

 

 

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Servante : Veilleuse offrant un éclairage minimal sur une scène inoccupée. On dit aussi  » sentinelle  » *

Lorsqu’on arrive pour répéter et que le théâtre est plongé dans le noir, seule une petite lampe sur pied est allumée sur le plateau. Ensuite on éclaire les “services”, c’est-à-dire quelques projecteurs ou quartz pour pouvoir travailler.

J’ai toujours été ému par cette veilleuse que nos amis canadiens appellent aussi “sentinelle”. Quelqu’un veille en permanence dans la salle obscure. J’ai bien dit quelqu’un et non quelque chose tant la présence de cette petite lumière ne dépassant jamais 100 watts parait forte dans l’immense obscurité de la salle et semble garder le lieu.

De même, je pense qu’il y a toujours une petite lumière en nous qui veille.

Elle veille pour que nous n’ayons pas peur du noir comme ces petits luminaires qu’on branche dans les chambres d’enfant, et dont la clarté bleutée les apaise au moment de la solitude du sommeil.

Adulte, c’est notre conscience qui reste allumée, nous demandant d’être prudent dans une rue obscure où des dangers peuvent survenir tant dans la réalité que dans notre imagination. C’est cette petite lampe qui nous alerte lorsque nous sommes trop confiants et qui semble nous dire :”Méfie-toi, on cherche à t’abuser” ou bien “Es-tu sûr que tu ne fais pas une bêtise que tu regretteras  plus tard ?”ou bien encore, plus sereine, “Ne t’inquiète pas, il ne peut rien t’arriver. Je suis là, je veille.”

Cette servante, plus discrète qu’une servante de Molière, mais tout aussi omniprésente, est nécessaire autant que l’air qu’on respire, que l’eau qu’on boit. Au théâtre, elle est le prologue du mystère à venir, celui de l’incarnation d’un texte.

Et vous, avez-vous cette petite veilleuse prévenante allumée en permanence dans votre tête ? Etes-vous sous sa protection ? Sinon, créez-la. Elle saura vous conduire où vous voulez aller et vous ôtera toute peur, celle du noir bien sûr, mais aussi celle de l’inconnu. Vous irez alors de découverte en découverte et, plus important, à la découverte de vous-même.

Chacun de nous est porteur de sa propre lumière.

*Définition extraite du Glossaire du Théâtre de André G. Boussara.

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Comment vaincre votre timidité (3)

 

 

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Le sentiment d’infériorité

Le timide se sent inférieur. Allez savoir pourquoi, mais qu’il soit sur-diplômé, plus intelligent ou plus costaud, en présence d’autrui il se minimise. Celui ou ceux qui sont en face de lui sont forcément plus forts dans tous les domaines, y compris celui spécifique du timide. Ce qui est faux, bien sûr.

Mais si vous êtes timide, vous avez éprouvé ce sentiment d’infériorité. Or, il n’a pas lieu d’être pour trois raisons :
1°/ Personne n’est supérieur à quiconque. Certains ont simplement de meilleures connaissances ou de meilleures informations sur tel ou tel sujet.
2°/ Ceux qui paraissent supérieurs (j’ai bien dit « paraissent ») ont en réalité une personnalité plus affirmée.
3°/ La véritable supériorité est celle que l’on acquiert sur soi-même en réalisant un défi (maigrir, arrêter de fumer, de boire, etc.)
Timide, vous n’êtes donc inférieur à personne ni évidemment supérieurs. Vous êtes différent, comme nous le sommes tous les uns des autres.

Quand des parents décident d’inscrire leur enfant dans un atelier de théâtre le mercredi « parce qu’il/elle est timide« , ils n’ont pas tout à fait tort. Le théâtre permet à ceux qui le pratiquent d’avoir le culot des timides. Tel gamin, un peu en retrait, dans son coin, osera faire le pitre ou montrer ses émotions sur un plateau. Il se sentira un autre et se réfugiera derrière le masque de cet autre, le personnage. Il ne se considérera plus comme inférieur.

Enlevez donc de votre tête cet a priori de croire les gens plus ceci ou plus cela que vous-même. Et imposez-vous.

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En attendant la rentrée

 

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Je piaffe, je tourne en rond, je m’énerve.

Savez-vous que le théâtre est proche d’une drogue ? Etre en manque peut rendre le passionné que je suis et que nous sommes tous, gens de théâtre, plus fou que Poprichtchine, le personnage du journal d’un fou de Gogol, plus désorienté que ceux qui attendent Godot, plus inquiet qu’Harpagon surveillant sa cassette. A bas l’été ! Ou plus exactement à bas ce temps mort entre la fin du festival d’Avignon et la rentrée théâtrale. C’est-à-dire quasiment tout le mos d’août. C’est long un mois !

Qu’est-ce que c’est ce mois où on crève de chaleur, où on paresse sur la plage, où on a du soleil plein les yeux, des filles en bikini, des gosses tout nus faisant des pâtés ? Le farniente, la détente, voilà pour le côté physique. Les boites de nuit pour l’intellect. Et pas de théâtre ou si peu… Alors que les salles sont climatisées, les spectacles légers comme des sorbets et les comédiennes bronzées comme des starlettes grâce à leurs balcons parisiens.

Je me suis senti tellement privé de tout que j’ai regardé la télévision. J’ai vu Dustin Hoffman, génial mais qui ne fait pas assez de théâtre, j’ai vu « Carnage » la terrible pièce de Yasmina Rezah filmé par Polanski. Superbes acteurs, et superbe pièce. On ne dira jamais assez quel auteur important est Yasmina Rezah. Elle symbolisera plus tard la fin du XXème et le début du XXIème siècle, vous verrez… Je suis assez content d’avoir très vite senti son talent – je n’étais pas le seul – quand elle présenta sa première pièce « Conversations après un enterrement » mise en scène par Patrice Kerbrat avec Jean-Paul Roussillon. Je me suis empressé de la programmer au Théâtre Firmin Gémier d’Antony (92) que je dirigeais alors.

A part cela, je guette le moindre article dans les journaux. Certains dévoilent les répétitions en cours sous le titre « La rentrée se prépare » ou « En coulisses au Théâtre Machin » ou bien encore « Révélations sur la prochaine saison ». Mais la plupart nous montre ces princes qui nous gouvernent en maillot de bain et lunettes noires…

Oui, Prince, je languis, je brûle, non pour Thésée mais pour le théâtre. Ah ! Quand donc ces rideaux rouges baissés vont-ils trembloter et enfin s’ouvrir ?

Et pendant ce temps-là, le monde tourne. Certains pays n’ont pas de théâtre. Certains peuples ne connaissent pas cet art… Comment est-ce possible ? Comment font-ils pour vivre ? Vivent-ils d’abord ?

Et les français qui sortent de moins en moins, crise oblige ? Ont-ils oublié leurs pépites : le vin, le luxe, la haute couture, le fromage et la culture ? Savent-ils vraiment que c’est pour cela que notre pays est réputé à l’étranger ?

Vivement la rentrée !

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La parole en public (1)

 


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Pourquoi êtes-vous pétrifié(e) quand vous devez prendre la parole en public ? Vos jambes sont molles, votre voix est blanche et vous n’arrivez pas à lire les lettres dansantes du papier que vous tenez dans vos mains tremblantes.

Tous ces gens qui vous regardent vont-ils vous manger ? Réponse : non.

Vont-ils se moquer de vous ? Réponse : non.

Vont-ils vous chahuter, se mettre à crier, à vous insulter ? Réponse : non.

Pas a priori. Ils vont même au début se montrer très bienveillants, prêts à vous écouter. Sauf si vous bafouillez, si vous êtes perdu(e) dans vos notes, si vous tremblez comme les feuilles d’un arbre par grand vent. Alors là, bien sûr, votre auditoire risque de décrocher.

Alors pourquoi cette panique injustifiée ? Savez-vous que de nombreuses personnes, faute d’oser s’exprimer en public, sur un podium, en réunion ou dans une assemblée, se dévalorisent elles-mêmes ?

Etes-vous à ce point masochiste ? Non, bien sûr. Vous voulez faire passer vos idées, mais voilà, votre bouche est sèche, vos mains ont la tremblote et vous n’avez qu’une hâte : finir votre intervention au plus vite.

Vous oubliez que la plupart des comédiens sont de grands timides. Vous oubliez qu’en faisant comme s’ils étaient un autre, ils s’oublient eux-mêmes et plus leur personnage est audacieux, plus ils trouvent des ressorts d’audace en eux.  Vous oubliez que de panique en trac, de balbutiements en tremblements, ils ont appris à se maîtriser et à se « lâcher » dans leurs rôles. Vous oubliez être vous-même,  le vous-même que vous sentez vraiment dans votre for intérieur.

Vous oubliez enfin qu’il y a en vous un culot énorme que les techniques du théâtre peuvent vous aider à faire sortir. C’est ce que je vais vous apprendre tout au long de ce blog. Revenez-y souvent ou mieux, abonnez-vous, vous serez ainsi au courant des futures articles dès leur parution.

Grâce aux outils du théâtre, tel un acteur devant des centaines de personnes, vous n’allez plus avoir peur d’affronter un public. Au contraire. Et comme par hasard, on va enfin vous écouter.

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Feu la mère de madame

 

Feydeau

Pièce en un acte de Georges Feydeau représentée pour la première fois le 15 novembre 1908 à la Comédie-Royale.

Résumé :

Lucien, rentré tard du bal des Quat’z’Arts, réveille sa femme Yvonne, qui commence à lui faire une scène. La tempête passée, un valet de chambre sonne à la porte, au moment où les deux époux se couchent. Le messager est porteur d’une bien terrible nouvelle : la mère de Madame est morte.

Alors que tout le monde s’active pour se rendre chez la mère de Madame, le couple apprend que le valet vient de commettre une horrible méprise : il s’est trompé de personnes, c’est la mère des voisins qui est morte ! Le valet est vivement chassé et les deux époux repartent de plus belle dans une scène de ménage…

Il n’est pas nécessaire qu’une pièce soit longue pour être un chef-d’œuvre. Celle-ci doit faire tout au plus 45 minutes à la représentation et elle est un bel aperçu du génie de Feydeau. Il a réussi la prouesse de nous faire pénétrer dans une chambre de petits bourgeois, et nous avons l’impression de regarder par le trou de la serrure ce couple dans son intimité. Ce couple qui ne s’aime plus déjà, à peine après deux ans de mariage, et qui se supporte plus ou moins. Chacun fait des reproches à l’autre et la bonne vient se mêler de tout.

C’est à un rire féroce et moqueur que le vaudevilliste nous convie ainsi qu’à une étude très fine des caractères. Le mari et la femme, chacun avec sa logique, routes parallèles qui ne se rencontrent que rarement, forment le duo toujours plein de rebondissements qu’affectionne l’auteur. Lui est fatigué, il a fait la fête, il a mal à l’estomac, il a marché des heures sous la pluie sans trouver de fiacre, elle, réveillée en sursaut, est vive, nerveuse, furieuse de se voir délaissée. Ils sont plus nus que nus. A cette heure tardive, les masques tombent et chacun dévoile sa petitesse, son conformisme, ses petites manies. Les rôles secondaires, la bonne Annette et le valet Joseph sont croqués avec tout autant de talent par l’observateur impitoyable et lucide qu’était Feydeau.

J’ai parlé de génie. En voici la démonstration la plus évidente : jusqu’à Feu la mère de madame, il était admis, exigé presque, qu’une comédie devait se passer de jour et de préférence par beau temps. Il était aussi recommandé, voire imposé qu’on y parle d’amour, de jeunes gens à marier, d’adultère, et surtout pas, mais alors surtout pas de mort. Mort = tragédie. Or que fait Georges Feydeau ? Il situe l’action de sa pièce en pleine nuit, par un temps de chien, et on y apprend le décès de la mère de madame. Il bouleverse tous les codes, piétine les conventions, renverse l’acquis pour créer un théâtre neuf, enlevé et irrésistible.

Certains diront que derrière ce couple, il y a celui de l’auteur et sa propre mésentente avec son épouse. Mais tout est orienté vers le rire et Feydeau n’oublie à aucun instant son art de la comédie.

On prétend qu’il aurait écrit la pièce d’un jet en un après-midi. C’est possible mais « le temps ne fait rien à l’affaire » disait déjà Molière. Peu importe. Condensé, serré comme un café bien fort, la pièce est représentée partout dans le monde.

Ne pas croire qu’elle soit facile à jouer. Pour l’avoir mise en scène dernièrement, je puis vous assurer qu’elle demande, comme toujours chez Feydeau, une grande sincérité chez les acteurs. Le parler quotidien, sans appuyer les effets, demande un grand savoir-faire et une modestie du comédien qui doit s’effacer devant son personnage. L’auteur le savait bien qui réglait lui-même avec minutie les mises en scène de ses pièces.

Je vous invite à regarder la version de la Comédie-Française de 1968 avec Jacques Charon, Micheline Boudet, Louise Conte et Jean-Paul Roussillon, dans une mise en scène de Jacques Charon.

Pour obtenir le texte de la pièce ou le DVD, cliquer sur l’une ou l’autre des images ci-dessous :

      

 

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Temps

Horloge
Temps.- Milieu indéfini et homogène dans lequel se situent les êtres et les choses et qui est caractérisé par sa double nature, à la fois continuité et succession.

La définition qu’en donne le dictionnaire Larousse n’est pas d’une grande clarté. Il y a du flou là-dedans. Comme notre notion du temps qui dépend du temps qu’il fait, du temps que l’on a, et de temps en temps de notre humeur. Le temps est une notion que nous mettons à toutes les sauces car l’homme l’a sans doute inventé pour se repérer dans… le temps.

Aujourd’hui, je veux vous parler du temps théâtral. Le concret tout d’abord : combien de temps dure une pièce de théâtre ? Vous le savez, c’est très relatif. Il y a des modes et selon les époques (le temps) les œuvres sont plus ou moins longues. Dans l’antiquité, les auteurs présentaient deux ou trois comédies et deux ou trois tragédies à la suite, l’après-midi en plein soleil dans des théâtres de pierre. On mangeait du pain et des olives dont on balançait les noyaux sur les acteurs juchés sur des cothurnes (hautes chaussures style chaussures à semelles compensées en plus hautes). De plus, ceux-ci étaient masqués pour que leurs voix résonnent davantage. Les spectacles duraient des heures !

A l’époque classique, les pièces en cinq actes duraient une heure quarante. Comment le sait-on ? Par la durée des chandelles qui éclairaient la scène, soit dans des quinquets, sorte de petits lumignons, soit dans des lustres. Une chandelle = vingt minutes. Soit un acte. A l’entracte, on mettait des chandelles neuves. Cinq actes se passent en cent minutes donc. A faire méditer aux metteurs en scène actuels qui font durer les tragédies un temps fou, alors que cela se joue vite, comme un polar dynamique, les personnages, pris par leurs passions, n’ont pas le temps de réfléchir.

Après un XXème siècle où les pièces avaient une durée de deux à trois heures (Cyrano de Bergerac, La guerre de troie n’aura pas lieu, Le Dindon, etc.), voire plus (Le soulier de satin, Mère courage) on est revenu à un temps plus court et actuellement le spectacle se déroule entre une heure et une heure trente (sans entracte la plupart du temps).

Mais il y a un autre temps théâtral, celui de la durée de l’action et de son inscription dans le temps. Il peut y avoir des retours en arrière (flash-back), des projections dans le futur, des temps indéfinis dans des lieux indéfinis (Où ? Quand ?) Mais tout cela, comme le temps, est relatif. A Avignon dans le festival In  on a vu un Soulier de satin durer tout une nuit et des spectacles dans le Off se dérouler en à peine une heure quinze.

Et vous quel temps prenez-vous pour vivre ? Etes-vous de ceux qui n’ont jamais le temps ? De ceux qui le planifient ? De ceux qui le perdent ? De ceux qui le tuent ? Bref, quel est votre rapport au temps, ami ou ennemi ?

Je me suis amusé à compter le nombre de fois où j’emploie le mot temps dans cet article. 18 fois. ! C’est fou le temps qu’on prend à parler du temps ! (et deux de plus !) D’ailleurs, le temps en tant qu’indicateur météo est la conversation préférée des gens. Au fait, quel temps fait-il aujourd’hui ? Et dans votre tête, orageux, triste, serein ou radieux ?

Je vous le souhaite magnifiquement beau.

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