Avignon In, Off et Out

 

 

Avignon

Avignon, c’est fini. Et dire que c’était la ville de mon premier amour…

Amour théâtral quand, jeune apprenti comédien au conservatoire de Marseille, je venais – déjà – m’enivrer de théâtre comme de vin. Premières amours confondues avec les jeunes et belles actrices. Il y a toujours de jeunes et belles actrices, les demoiselles d’Avignon, qui tractent dans la rue et vous abordent, leurs flyers à la main. Avignon durant le festival est la seule ville au monde où des femmes vous racolent pour autre chose que ce à quoi vous pensez.

Le In et le Off, en cette fin de mois de juillet, viennent de mourir ensemble, sans bruit, cédant la place aux municipaux de la voirie qui ôtent toutes les affiches et balaient les tracts. Ils effacent les couleurs, redonnant aux murs leur grisaille, aux rues leur béton dans une aube rose pâle qui semble démaquillée. Savent-ils que c’est du rêve qu’ils jettent dans leurs camions-poubelles ?  Place aux avignonnais qui, durant le festival étaient partis ailleurs. Où ? Peut-être dans les campagnes, préférant le chant des cigales aux cris des bateleurs, les parades nuptiales des animaux aux parades des faiseurs de spectacle. Un peu de tristesse enveloppe la ville qui a besoin de repos après la folie théâtrale.

J’ai déserté le In, cette année. Il paraît que je n’ai rien perdu. Si, on perd toujours à ne pas aller au théâtre. Mais je ne me suis pas senti le courage d’aller comprendre et analyser des mises en scène. J’avais besoin d’être touché au cœur, pas à la tête. Je me suis rabattu sur le off où, quoi qu’en disent les « cultureux » (à ne pas confondre avec les culs terreux plus concrets), les perles foisonnent. Je n’ai pas fait le compte-rendu de tous les spectacles que j’ai vus mais j’en ai souligné quelques-uns que vous pouvez trouver à la rubrique Juillet 2015. Beaucoup m’ont ravi.

Si j’en crois l’hebdo « Avi City local News » de la première quinzaine de juillet, le profil type du festivalier dans le Off est de 64 % de femmes et 36 % d’hommes. (Où sont passés les enfants, alors que plein de spectacles leur sont destinés ? Mystère). Tant de femmes pour à peine un peu plus de la moitié d’hommes ! Et ces derniers, sans doute entraînés, tirés par la manche par leurs épouses, petites amies, sœurs ou copines. Les femmes sont toujours plus spectatrices, elles ont besoin d’émotions. Les hommes préfèrent une bière entre copains, le foot, la télé et le bricolage. Vive les femmes, donc.

Greg Germain, l’excellent directeur du festival off d’Avignon (50 ans qu’il a été créé) se désole d’être oublié de l’Etat. « Pas question de subventionner le off », lui a déclaré le premier ministre Emmanuel Valls. Greg Germain a tort. Ne pas dépendre de subventions permet une véritable liberté. Le premier ministre a tort aussi. Pourquoi cet ostracisme ? L’Etat a pris l’habitude, en matière d’art, de décréter ce qui est bon et ce qui est mauvais pour le peuple. Pauvre Etat !

Merci d’autant plus à Greg Germain pour son boulot. C’est un facilitateur. Il permet aux talents – tous les talents, eh oui, monsieur le premier ministre, le théâtre est multiple – de s’exprimer. Merci et bravo.

Avignon In, Avignon Off, c’est fini, c’est Avignon Out. Et dire que je vais y retourner l’année prochaine. Pour de nouvelles rencontres, pour de nouvelles joies, pour de nouveaux enthousiasmes. Avignon, mon amour.

Donnez-moi votre avis, faites-moi part de votre expérience. Ce blog Place au Théâtre  va vous aider à vous épanouir, peu à peu, conseil après conseil. (Votre mail ne sera jamais divulgué. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer, là où il n’y a aucun théâtre.)

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Superstition

 

 

 

Chat-noir.jpg
Les chats noirs portent malheur, dit-on. C’est faux ! Je vous présente Jazzy, mon chat siamois oriental. Il n’apporte que du bonheur.
Superstition- Forme élémentaire et particulière des sentiments religieux consistant dans la croyance à des présages tirés d’événements matériels fortuits (salière renversée, nombre treize, chat noir, miroir cassé, etc.).

Etes-vous superstitieux ? Pensez-vous que ce soit un défaut ou une qualité ?

Au théâtre, comme dans tous les métiers, des superstitions existent et perdurent depuis la nuit des temps. On en connait moins les raisons, toute superstition étant empirique, et les avis divergent sur leurs origines. Trois exemples pour vous amuser ou vous troubler :

Corde    corde

Le mot ne doit jamais être employé sur une scène (sauf s’il se trouve dans le texte de la pièce qu’on répète ou qu’on joue, bien évidemment). La tradition veut que celui qui par malheur a dit le mot fatidique doit payer un pot à chaque personne présente sur le plateau à ce moment-là. Beaucoup de jeunes ignorant cette règle – ou feignant de l’ignorer pour  refuser d’offrir à boire –, cette coutume tombe en désuétude. Savez-vous pourquoi le mot “corde” (même à l’écrire, j’hésite, obstiné théâtreux que je suis) est proscrit ? Pour une raison toute simple. Les théâtres autrefois étaient en bois, perches, châssis de décor et meubles. Les décors en carton pâte. L’éclairage se faisaient avec des bougies, Molière est même allé en prison dans sa jeunesse pour n’avoir pas pu payer le marchand de chandelles, et le feu pouvait se propager facilement. Il y avait encore il n’y a pas si longtemps un pompier de service en coulisse dont le travail consistait surtout à attendre sur une chaise et à brûler  de désir en silence pour les jeunes comédiennes. Car la hantise était le feu, et l’est encore puisque les commissions de sécurité veillent sérieusement à la qualité des installations électriques. Donc, autrefois, pour éteindre un incendie rapidement, un seul moyen, renverser une quantité d’eau importante sur le plateau. Pour cela dans les hauteurs se trouvait un bac rempli d’eau et pour l’actionner, dans la panique, le régisseur devait crier “Corde” ! Le machiniste le plus proche tirait donc sur cette corde et un système de poulies faisait se renverser le bac sur la scène. Ainsi pour les autres manipulations, on disait “guinde” et aucune erreur ne pouvait être commise.

Crucifix crucifix

Il y aurait beaucoup à dire sur le mélange attirance-répulsion de la religion et du théâtre. Au Moyen-Age et bien après, des “passions” relatant l’histoire du Christ se jouaient devant les églises. A Paris, au théâtre de Ménilmontant, chaque année une passion est montée et en régions, notamment dans le midi, la pastorale Maurel qui raconte la naissance de Jésus dans un village provençal, a aux alentours de Noël, beaucoup de succès. Mais d’un autre côté, le clergé a excommunié des siècles durant les comédiens et interdisaient de nombreuses représentations. Pour conjurer ce sort, les théâtres ont souvent caché dans les décors des crucifix, censés porter bonheur à la pièce. Il y a près de soixante-dix ans, le grand Louis Jouvet n’échappa pas à cette superstition. Quand il monta et joua Dom Juan de Molière dans les années cinquante, il avait un crucifix dans la poche qu’il serrait à chaque scène ou le personnage faisait montre d’impiété. Certains de ses partenaires l’entendaient même murmurer une prière. Ne disait-il pas : “Cette pièce est du feu” ? le feu de l’enfer, bien sûr.

Vert    vert

Plusieurs anecdotes courent sur la phobie de la couleur verte au théâtre. Beaucoup d’acteurs refusant de porter cette couleur dans leurs costumes ou se sentant mal à l’aise dans un décor vert. Certains prétendent que cette superstition vient de Molière (“Cet homme aux rubans verts” ainsi qu’est décrit Alceste dans Le Misanthrope) et de son théâtre peint de cette couleur, ce qui fut longtemps le cas des théâtres, le rouge n’est venu que plus tard. Je pense que la véritable origine vient de l’antiquité ou les comédiens portant des toges vertes finissaient par mourir dans de grandes souffrances. D’où la phobie. En réalité, les teintures étaient à base de plantes et pour obtenir la couleur verte on faisait tremper le tissu dans de l’arsenic. Cet arsenic avec la transpiration infectait les acteurs qui mouraient à coup sûr.

Et vous êtes-vous superstitieux ? Avez-vous des raisons de l’être ? Faites-moi part de vos craintes, de vos peurs ou de vos habitudes en la matière. Je suis curieux de connaître votre sentiment là-dessus.

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Bourdiat

 

sac de noeuds 02

Bourdiat.- [argot théâtre] sac de nœuds, merdier…

Le mot n’est pas passé dans le langage courant. on lui préfère “sac de nœuds”. Exemple : “Cette affaire / cette histoire est un vrai sac de nœuds !” Pourtant bourdiat serait plus approprié et conviendrait mieux à certaines circonstances. Qui d’entre vous ne s’est-il pas trouvé en plein bourdiat ? Vous savez, quand on ne sait plus comment démêler une situation, quand tout parait complexe, compliqué. Quand on se dit qu’on ne va pas s’en sortir.

Et pourtant, il suffit parfois de peu pour entrevoir le bout du tunnel ou plus exactement pour démêler tous ces fils noués. Il faut trois éléments :

– De la patience

– Du calme

– Un peu d’humour

Bref, il faut relativiser. Si vous êtes en plein bourdiat, la situation ne peut pas être pire, elle ne peut donc que s’améliorer. Ce n’est pas faire preuve d’optimisme que de le penser. C’est faire preuve d’une absence de pessimisme, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

Quand il y a un problème au théâtre, quand lors d’une répétition, on ne s’en sort pas, qu’on n’arrive pas à faire fonctionner une scène, que “la mayonnaise ne prend pas”, on prend le temps de se poser, de boire un café et de réfléchir. Puis les choses se mettent en place d’elles-mêmes comme par enchantement. Dans la vie aussi, l’enchantement existe mais vous ne le voyez pas, vous ne l‘entendez pas, parce que vous êtes trop pressé d’arriver à un résultat.

Donc, patience, calme et humour. N’oubliez pas l’humour. Il n’y a pas de problèmes, il n’y a qu’une infinité de solutions. Pardon, il n’y a que deux problèmes dans la vie, la maladie et la mort, le reste… Le reste ne vaut pas la peine de se mettre “la rate au court-bouillon” comme disait ma grand-mère.

Je vous souhaite de sortir de tous vos bourdiats.

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Barbe-Bleue

 

Avignon 2015

Théâtre des Carmes

barbe bleueChacun sait qu’Amélie Nothomb allie l’excellence d’une surdouée en littérature à la perversité d’une cancre qui adore faire des bêtises. Faisant ressurgir le mythe terrifiant de Barbe bleue du fin fond de l’enfance en l’adaptant, elle s’attaque à l’ogre qui tue ses conquêtes féminines tel Landru. Pas de corps carbonisés mais des photographies de cadavres, maniaques portraits gardés jalousement dans une chambre noire où personne ne doit pénétrer. Le monstre est présenté comme un homme courtois, galant même, trop poli pour être malhonnête, cordon bleu émérite, à la soixantaine sereine. Il permet à une jeune trentenaire moyennant un loyer modéré de loger chez lui. A la condition qu’elle n’entre jamais dans la chambre noire. Son appartement n’est pourtant pas une HLM, il n’y a qu’à voir la cuisine admirablement décorée par Claude Plet. On y boit du champagne, on y prépare des mets raffinés, on y joue même aux échecs et au jacquet devant un maître d’hôtel imperturbable joué imperturbablement par Xavier de Guillebon.

L’adaptation de Gérald Aubert permet de faire du roman une pièce de théâtre sans qu’il soit dénaturé. Tout cela pourrait être d’une élégance surannée et d’un conformisme convenu s’il n’y avait les interprètes, et quels interprètes ! La jeune femme est incarnée par Charlotte Adrien, ravissante dans sa robe soleil, attirée, fascinée par le monstre qu’elle trouve par ailleurs abominable. Les femmes, c’est bien connu, adore les meurtriers, les gangsters, les voyous de tout poil, à défaut les hommes mal rasés. Celui-ci arbore une barbe sinon bleue du moins grise qui lui donne une certaine majesté. Attirée comme un papillon par la lumière de la pièce interdite quand la porte s’entrebâille, jouant merveilleusement de l’ambigüité attirance-répugnance, curiosité-peur, la comédienne déploie la séduction, le charme et le refus avec une grâce rare. Elle va laisser son Barbe-Bleue l’envahir, tomber amoureux d’elle. On tomberait à moins. De fait, au lieu de la prendre dans ses filets, c’est lui qui va succomber. Pour être monstrueux on n’en est pas moins homme.

Et là, autre miracle du théâtre, s’impose le jeu de Pierre Santini. De façon toute simple, il offre les arrière-plans du personnage avec une économie de moyen et une grande force intérieure. On comprend comment il a séduit les autres femmes qui ont précédé la dernière venue, par une présence imposante mais toute en délicatesse, par une voix feutrée aux accents parfois tonitruants, par une souplesse de mouvements et une raideur de machine. Un homme tout en contraste, c’est-à-dire tout en mystère. Les femmes aiment les hommes mystérieux. Pris au piège de l‘amour, Pierre Santini n’en est que plus pathétique. On le croyait monolithique et il est fragile. On le pensait dur, il n’est que tendresse. « Que c’est bath, un acteur ! » s’exclamait Jean Gabin dont il a la force et la virile sensibilité. On voudrait le sauver à la fin, l’aider au moins tant il parvient à nous toucher mais son destin a pris la forme voluptueuse d’une belle femme en robe soleil.

Une pièce à voir parce qu’elle condense beaucoup de talents, texte, jeu et mise en scène.

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Le roman d’Amélie Nothomb :

 

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Patience

 

Patience.- Rail métallique en profilé quadrangulaire (en forme de U ouvert sur toute sa longueur) ou en IPN (poutre de section transversale en forme de I), sur lequel roulent des chariots à galets caoutchoutés munis de crochets ou d’anneaux auxquels est attaché le rideau que l’on veut faire coulisser latéralement. 

Shéma d'une patience

Au théâtre une patience est un système qui permet d’ouvrir un rideau latéralement.

Dans la vie, la patience selon la définition du Larousse est une “Aptitude à ne pas s’énerver des difficultés, à supporter les défaillances, les erreurs, etc.”

J’aime bien le “etc.” qui prouve qu’Il y a une quantité d’obstacles à rester patient. Sans les énumérer tous, on peut citer : la musique/la télévision du voisin mis à plein tube malgré des demandes réitérées avec menace de faire venir la police, le bébé qui pleure alors qu’il a eu son biberon, le chat qui miaule alors qu’il a eu sa pâtée, le rire gras de la collègue du bureau d’à côté, la mauvaise humeur du chef, l’éducation des ados, le démarreur de la voiture qui couine, le blocage du réseau Internet, le retard de la compagne toujours en retard, le ronflement du compagnon, la disparition de la télécommande, le mystère des chaussettes dépareillées, etc.

Mais je voudrais surtout attirer votre attention sur votre propre patience face aux tâches quotidiennes et plus particulièrement dans l’amélioration de votre vie. Si vous pensez que tout vient tout seul sans effort, vous vous trompez lourdement. Si vos pensez qu’avec du travail, vous allez arriver tout de suite à un résultat, vous vous trompez lourdement. Améliorer votre vie nécessite de la patience. Il ne suffit pas de claquer des doigts, telle Mimie Mathy dans “Joséphine, ange gardien” pour que les choses changent. Vous avez des faux plis pris par l’habitude qu’il faut supprimer. Et cela ne vient pas d’un coup. Il faut beaucoup, beaucoup de patience.

Surtout avec vous-même.

Pourquoi ? Parce que vous vous êtes habitué à un confort, parce que vous avez passé une sorte contrat entre vous et vous, du style : ”Je ne vais pas m’embêter avec cela”. Rassurez-vous vous n’êtes pas le (la) seul(e). Nous avons tous des faux plis. La patience, c’est le repassage. C’est ce qui nous permet, lentement, avec persévérance, de nous refaire une autre vie, d’avoir une autre vision des choses, de renaître en quelque sorte.

Je sais, la patience n’est pas à la mode. Il faut que ça aille vite dans ce monde moderne fou et tellement excitant ! Ah bon. Est-ce vraiment indispensable. Serez-vous plus heureux. Réfléchissez. Prenez le temps. Votre (nouvelle) vie en dépend.

Le rail, appelé patience au théâtre permet d’ouvrir un rideau. Et ce qu’il y a derrière le rideau est beau. Et bon. Un nouvel espace va apparaître où tout est possible. Alors prenez le temps, soyez patient.

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Ensemble

 

Avignon 2015

Théâtre La Luna

Ensemble

Il y a deux sortes de théâtre. Celui des idées qui fait appel à notre cerveau, nous force à réfléchir et nous fait ressortir de la salle avec le sentiment d’être plus intelligent. Et puis il y a l’autre, celui de l’émotion qui frappe au cœur et au ventre et nous laisses attendris, avec le sentiment d’être meilleur puisque nous avons compati. L’un et l’autre sont des leurres – le théâtre d’ailleurs en est un et même une illusion. L’un et l’autre ont leurs partisans et leurs détracteurs ainsi que dans la vie où le cœur et la raison se livrent un sempiternel combat depuis que l’Homme est l’Homme.

On ne sera pas étonné d’apprendre que « Ensemble » appelle à l’émotion, s’en revendique, la compagnie Carrozzone teatro qui le présente étant italienne, et les italiens, on le sait, sont de grands sentimentaux. Comme les français mais en plus drôles.
Que doit-on faire d’un débile léger atteignant l’âge d’homme ? Le garder chez soi ou le placer dans un centre spécialisé ? La mère, se réfugiant dans le déni, veut qu’il reste à la maison, la sœur qui vit ailleurs veut le mettre en maison. C’est fou comme le mot « maison » peut avoir deux sens différents selon qu’elle se trouve dedans ou dehors.

L’auteur de la pièce, Fabio Marra, joue le déficient mental doux comme une gelato avec humour et humanité. La sœur, Sonia Palau, sous des dehors durs et fermés est tendre comme une pizza calzone. Et la mère, excellente Catherine Arditi est âpre, forte et revigorante comme un espresso. S’ajoute à la distribution une jeune fille, Floriane Vincent, qui cherche du travail et devient auxiliaire de vie, moelleuse comme du mascarpone.

C’est très italien, bien que joué en langue française, et s’apparente à un théâtre populaire réaliste où l’eau ruisselle vraiment du robinet de l’évier, et le sentimentalisme de chaque personnage. Rafraîchissant, donc. Sans y toucher cependant, la pièce en dit davantage sur la différence que beaucoup de constats verbeux et lénifiants.
Retenons cette réplique proférée par Catherine Arditi, encore une fois d’une justesse et d’une vérité confondantes dans sa cuisine : « C’est quoi, être normal ? Qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ? »

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Acteur

 

acteur

Acteur. – Du latin agere, agir, faire. Celui, celle qui remplit le rôle d’un personnage. Certains ont tendance à réserver ces termes au cinéma et à employer de préférence, au théâtre, comédien, comédienne.*

Il est intéressant de savoir que ce mot vient du verbe latin agere qui signifie agir. Au cinéma, au moment de la prise d’une scène, le réalisateur s’écrie : « Action ! »
Le théâtre nous pousse à agir (il est d’ailleurs souvent divisé en actes).

Et vous, agissez-vous dans votre vie ? Etes-vous vraiment acteur de votre vie ?

Je vous entends d’ici pousser des hauts cris de protestation :
« Hé là, doucement ! Je marche, je cours, je mange, je bois, je fais l’amour ou pas, je travaille, je suis au chômage mais je cherche du boulot, je prends le métro, le bus, le tramway, je conduis ma voiture, etc. J’agis tous les jours. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? »

Moi, rien. Mais vous, avez-vous songé à agir vraiment ? Je veux dire prendre votre vie en mains complètement comme un acteur prend celle de son personnage ?

Avez-vous pensé que vous pouvez la changer, que les techniques théâtrales peuvent vous aider à développer votre véritable personnalité et grâce à votre action – on n’a rien sans rien – donner un sens différent à votre existence ?

Essayez. Votre vie vaut le coup et de plus vous n’en avez qu’une !

*Définition extraite du Glossaire du Théâtre de André G. Boussara.

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Boulevard

 

boulevard

Boulevard.- Type de pièces, souvent fondées sur le triangle amoureux ou sur des intrigues policières, telles qu’on les présentait à Paris, au XIXe siècle, dans les théâtres situés sur les grands boulevards, dont l’un était surnommé « Boulevard du crime » en raison des polars qu’on y jouait.*

Le théâtre de boulevard a fait le contentement de milliers de téléspectateurs lors de l’émission culte de télévision « Au théâtre ce soir » dont les plus anciens se souviennent, et la fortune de nombreux directeurs de théâtres parisiens. Il a eu et a encore ses détracteurs qui jugent ce théâtre de divertissement indigne de la noblesse de l’art dramatique.

Je ne vois pas, pour ma part, en quoi l’art dramatique est noble, puisque depuis l’antiquité et en passant par Molière il s’est aussi bien adressé au peuple qu’à l’élite. J’ai mis en scène de nombreuses pièces de boulevard et le public était composé de toutes les classes sociales. Il avait envie de rire, un point c’est tout.  Mais bon, les fines bouches ne sont pas toujours fines mouches et passent à côté d’auteurs de comédies qu’ils s’empressent d’encenser après leur mort (Ex : Feydeau, Guitry, Anouilh, etc.)*

Si je vous parle aujourd’hui de ce genre de théâtre, c’est qu’il en est dans la vie comme sur la scène. Les amuseurs ne sont pas pris au sérieux. Si vous êtes d’un caractère enjoué, aimant plaisanter, avec un sens de l’humour et même de l’esprit, vous ne serez pas considéré comme quelqu’un de sérieux, de fiable. On vous gratifiera d’un sourire complaisant mais sans plus. Alain Delon disait : « Au cinéma, il faut faire la gueule, sinon on ne vous respecte pas ». Il a raison. Ceux qui le connaissent savent pourtant qu’il peut être plaisant à la ville, charmant et drôle.

Jouez donc ce rôle du monsieur ou de la dame sérieux (sérieuse), surtout au travail et ne vous livrez que rarement à l’humour (pas toujours compris des autres qui se croient moqués). Lâchez-vous seulement en famille ou avec vos amis. Ou, bien sûr au théâtre, en allant voir une pièce de boulevard.

Beaucoup de comiques cependant avouent qu’ils étaient dans leur jeunesse plutôt timides et renfermés et lorsqu’ils se sont rendu compte qu’ils pouvaient faire rire les autres, leur personnalité a explosé.

Alors où se situer ? Parmi les sérieux ou parmi les drôles ? Les bonnes comédies de boulevard ont toujours un fond de vérité, voire une morale. Il faut trouver l’équilibre afin que votre caractère ne rebute personne et que votre personnalité soit attirante. Un mélange des deux en somme. Mais ce dosage subtil s’apprend. Grâce aux outils du théâtre, vous saurez comment l’équilibrer et on vous écoutera et on vous fera confiance.

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Trois DVD de pièces de boulevard :

 

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*Définition extraite du Glossaire du Théâtre de André G. Boussara.

Le titre est dans le coffre

 

Avignon 2015

Espace Alya

le titreQuatre clowns pour une histoire de coffre volé. Ils parlent peu ou disent des bêtises. Comme tous les clowns, comme beaucoup de gens. Ceux-ci bougent dans une anarchie totale de mouvements destructurés mais savamment travaillés. Les enfants adhèrent tout de suite à ces maladroits qui leur ressemblent, les adultes plus coincés sont vite emportés par le rire et perdent avec joie leur retenue. Après un début un peu lent, nos quatre gaillards à force de clins d’œil, de jeu avec le public et d’un final hilarant emportent le morceau. N’apportez bien sûr ni clés, ni chéquier, ni lunettes, ni smartphone, ils vous les piqueront et feront toute une histoire pour vous les rendre à la fin.

Il y aurait beaucoup à dire sur l’art du clown que ceux-là servent avec davantage que du talent. Pourquoi ne se lasse-t-on pas de ces maquillages outranciers, de ses borborygmes, de ces gags éculés irrésistibles ? Tout pourrait reléguer ces pitreries au magasin des accessoires vieillots. Mais non, on les acclame, on en veut encore. Vive les cabrioles et les étourdis qui se prennent les portes en plein nez rouge.

Il est vrai que l’on ne peut faire qu’un triomphe à ces pitres-là. Augustes et clowns blancs qui nous entourent tant à notre époque, à la télévision comme en politique, en une parade de gugusses sinistres ne nous font pas rire, loin de là. Ceux de « Le titre est dans le coffre » au moins sont hilarants. Ils annoncent leur spectacle comme une parodie de vaudeville. Ils ont tort, c’est bien plus drôle.

 

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Piano Rigoletto

 

 

Avignon 2015

Théâtre Au coin de la lune

alain bernardDepuis quelques années les musiciens dans la veine du mythique « Le Quatuor » se sont aperçus qu’ils avaient à leur portée une huitième note, celle de faire rire. Et après le précurseur Maurice Baquet et son violoncelle on a vu défiler des kyrielles de comiques musicaux, plus ou moins musiciens et plus ou moins comiques.

Là où Alain Bernard, dans « Piano Rigoletto » se distingue, c’est qu’il aime non seulement la musique, mais toutes les musiques. De Chopin à David Guetta, en surfant sur des variations de « La Mer » de Charle Trénet, vagues de mélodies superbes. Il nous livre un panel de son talent de pianiste de bar et de virtuose du synthé passant d’un genre à l’autre, ses doigts virevoltant sur les touches (52 noires et 36 blanches précise-t-il) avec une virtuosité qui épate. Maniant un humour de grosse caisse ou de fin arpège selon le cas, il nous donne une leçon de musique, fort drôle et pétillante. Malicieux, il démonte tous les trucs et astuces en nous livrant les dessous de la composition (ah ! les jingles des émissions télé !) sans casser son amour fou et multiple pour la musique. C’est jubilatoire et on en redemande. A ses textes s’ajoutent ceux de Jean-Claude Islert et de Pascal Légitimus, ce dernier signant aussi la mise en scène avec son sens du comique bien connu.

Alain Bernard. Retenez ce nom si vous ne le connaissez déjà.  Il a tout d’un grand amuseur populaire et de plus caresse son piano comme son public avec une joie communicative. Son père avait écrit une chanson pour Bourvil, « La valise ». Il finit sa leçon en la faisant revivre. C’est chaud, tendre et émouvant. On croyait au bout d’une heure et quart avoir fait le tour du bonhomme et il nous surprend. Bref, un véritable artiste.

 

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